mercredi 18 octobre 2017

ARGENTINE : A-T-ON RETROUVÉ LE CORPS DU MILITANT DISPARU ?


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LA DISPARITION DU MILITANT SANTIAGO MALDONADO
A FAIT DES REMOUS EN ARGENTINE.
La disparition de Santiago Maldonado, en août, a suscité une vive polémique dans le pays. Les autorités tentent aujourd'hui d'identifier le corps.

LA DERNIÈRE PHOTO DE SANTIAGO MALDONADO
AVANT SA DISPARITION. ELLE FUT RETROUVÉE
DANS LE DISQUE DUR DE L'UN DES 
ORDINATEURS DE GENDARMERIE 
PHOTO 
PAGINA12
La disparition de Santiago Maldonado, qui secoue l'Argentine depuis plus de deux mois, pourrait connaître un rebondissement après la découverte mardi d'un corps dans une rivière, proche du lieu où le militant a été vu pour la dernière fois début août. «Il y a un corps trouvé dans le fleuve, c'est tout ce que nous savons pour l'instant », a déclaré Claudio Avruj, le secrétaire aux Droits de l'homme, aux journalistes lors de son arrivée à Esquel, à 1 800 km au sud-ouest de Buenos Aires, dans un avion présidentiel.

SANTIAGO MALDONADO
La disparition de l'homme de 27 ans, à la suite de la dispersion par la police d'une manifestation mapuche, a provoqué un tremblement de terre politique en Argentine et la police militaire a été mise en cause. Depuis, les Argentins se mobilisent, car ils y voient un modus operandi rappelant les sombres heures de la dictature. C'est aussi la première fois depuis la fin de la dictature militaire en 1983 qu'une instance de l'État est soupçonnée d'avoir fait disparaître un opposant.

Le corps retrouvé juste avant les élections législatives

Le bureau du procureur a rapporté que le corps a été retrouvé « environ 300 mètres en amont de l'épicentre du conflit qui a eu lieu le 1er août », dans la rivière Chubut, qui avait déjà été ratissée à deux reprises lors de la recherche du militant argentin. Le corps a été retrouvé 74 jours après la disparition de Santiago Maldonado, tatoueur et artisan qui soutenait les revendications mapuches pour leurs terres ancestrales, vendues au magnat italien Luciano Benetton.

Le cas de Santiago Maldonado a déstabilisé le gouvernement de Mauricio Macri et sa ministre de l'Intérieur, Patricia Bullrich, qui ont dédouané l'État de toute responsabilité et soutenu la gendarmerie. «Où est Santiago Maldonado ? », « On le veut vivant! » : ces slogans sont devenus viraux sur les réseaux sociaux et ont été scandés lors d'une manifestation rassemblant des centaines de milliers de personnes à Buenos Aires début septembre, qui demandaient la démission de Patricia Bullrich. Cette disparition a également fait intrusion dans la campagne des élections législatives de mi-mandat qui se tiendront dimanche en Argentine.

lundi 16 octobre 2017

VENEZUELA : LE CAMP MADURO REMPORTE LES ÉLECTIONS RÉGIONALES

ELECTIONS AU VENEZUELA  VICTOIRE DU CAMP MADURO  
PHOTO GEORGE CASTELLANOS
Le Conseil électoral du Venezuela a annoncé que le camp du président Nicolas Maduro avait largement remporté les élections régionales, dimanche 15 octobre. Mais l'opposition a refusé de reconnaître ce résultat qu'elle estime entaché de fraude.
Selon le Conseil national électoral (CNE), le parti  au pouvoir s'est imposé dans 17 des 23 États du Venezuela. L'opposition, qui était pourtant créditée de 11 à 18 Etats par les sondages, n'a finalement gagné que cinq Etats, le dernier territoire restant indécis, a déclaré la présidente du CNE. La participation s'élève à 61,14%.

L'opposition dénonce "des violations de la loi"

UNE DU QUOTIDIEN
« LAS ÚLTIMAS NOTICIAS »
"C'est une nette victoire. Le chavisme s'est largement imposé dans les élections, avec 17 gouverneurs. L'opposition en a cinq", a déclaré dans la foulée Nicolas Maduro, assurant que son parti pourrait également s'imposer dans le dernier État encore indécis. Le président a demandé à ses adversaires de reconnaître les résultats. 

Mais l'opposition a refusé de reconnaître la victoire du camp chaviste. "Actuellement, nous ne reconnaissons aucun résultat. Nous faisons face à un moment particulièrement grave pour le pays", a déclaré Gerardo Blyde, directeur de campagne de la Table de l'unité démocratique (MUD), la coalition d'opposition. Selon lui, le gouvernement "sait qu'il n'a pas la majorité" et, pour gagner, il a recouru à "des violations" de la loi et à "un processus électoral non équitable, déséquilibré et dont les résultats ne reflètent pas la réalité". Aucun observateur international n'a été accepté par les autorités pour le vote de dimanche. 

Le vote intervient alors qu'un calme surprenant règne au Venezuela depuis deux mois après la vague de manifestations souvent violentes qui a submergé le pays d'avril à juin, faisant 125 morts. A l'appel de l'opposition, les protestataires exigeaient le départ du président Maduro, mais ils n'ont rien obtenu.




samedi 14 octobre 2017

AURA LOLITA CHÁVEZ PARMI LES FINALISTES DU PRIX SAKHAROV 2017

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AURA LOLITA CHAVEZ IXCAQUIC 
Rencontre avec Aura Lolita Chavez Ixcaquic qui a été retenue par le Parlement européen dans la short list des 3 candidats au prix Sakharov 2017 qui sera attribué le 26 octobre. Elle aura notamment face à elle une candidature très politique soutenue par la droite et le centre : « l’Opposition démocratique au Venezuela. »
LE JOUEUR DE PIPEAU
« MADURO DOIT PARTIR, 
OPPOSITION MODÉRÉE »
Un conseiller des Verts ( ALE ), le groupe politique du Parlement européen qui a proposé la candidature de Lolita Chavez Ixcaquic pour le prix Sakharov, explique sous couvert d’anonymat : «cette année, le prix Sakharov est complètement dévoyé par la droite ( PPE ) et les libéraux ( ALDE ), qui proposent de l’attribuer à l’opposition vénézuélienne. C’est une manipulation politique d’un prix qui n’est pas destiné à ça. » Selon les critères du Parlement européen, le « prix Sakharov pour la liberté de pensée » a en effet pour objectif d’honorer des personnalités, individuelles ou collectives, qui défendent les droits de l’homme et les libertés fondamentales, là où elles sont gravement bafouées. En 2016 par exemple, le prix avait été attribué à deux jeunes femmes yézidies réduites en esclavage sexuel par Daesh. 

En proposant la candidature de «l’opposition» au Venezuela, le bloc de la droite et du centre au Parlement européen, donne l’impression de vouloir mettre sur un pied d’égalité dans l’horreur, l’État islamique et le Venezuela de Nicolas Maduro. Une tentative d’autant plus hasardeuse que les négociations en cours entre le gouvernement Maduro et les représentants de l’opposition progressent, et qu’elles pourraient rapidement donner lieu à un accord ( sur un calendrier électoral, le rôle du parlement et de la constituante, ou la libération de prisonniers considérés comme « politiques. ) Qui a intérêt, dans ces conditions, à jeter de l’huile sur le feu en ravivant les plaies d’un conflit en voie de règlement, et pourquoi la droite s’acharne-t-elle ?

Le débat promet en tous cas d’être houleux entre les présidents des partis réunis autour du président du Parlement européen, quand ils devront faire leur choix le 26 octobre.

Le peuple Maya contre les multinationales et le gouvernement

AURA LOLITA CHAVEZ IXCAQUIC 
Reste deux autres candidatures, tout à fait dans l’esprit, celles-ci, du Prix Sakharov. Celle du journaliste et auteur suédois d’origine érythréenne, Dawit Isaak, proposée par les socialistes ( S et D. ) Dawit Isaak a été arrêté il y a 16 ans par les autorités érythréennes, ainsi que 20 autres journalistes, pour avoir demandé des réformes démocratiques. Déjà finaliste du prix Sakharov en 2009, il a été vu pour le dernière fois en 2005.

Et la candidature d’une représentante des peuples indigène du Guatemala, Aura Lolita Chavez Ixcaquic, membre du Conseil des peuples quichés, menacée de mort dans son pays. Elle se bat pour la protection des ressources naturelles et des droits de l’homme face aux multinationales qui ravagent le pays avec la complicité de l’État guatémaltèque.

Rencontre.

De quelle région du Guatemala venez-vous et qu’est ce que le Conseil du peuple quiché ?

Aura Lolita Chavez Ixcaquic. Je viens des territoires de l’ouest de Guatemala, là où vivent les peuples indigènes qui sont à l’origine du pays, les Mayas.

Le peuple Maya-quiché ( 1 ) compte environ un million de personnes, pour un total de 16 millions d’habitants pour l’ensemble du pays. Le Conseil du peuple quiché est un ensemble de communautés qui se sont organisées pour défendre leurs territoires, leur droit à l’autodétermination et aussi les droits à la vie telle que la souhaitent les peuples indigènes. Cette organisation fait partie du conseil du peuple Maya qui couvre l’ouest du pays. Notre lutte est dirigée contre les entreprises internationales qui viennent dans les territoires pour s’emparer des ressources du peuple Maya-quiché.

La revendication des différents peuples indigènes du Guatemala, c’est d’avoir un état plurinational qui reconnaisse cette diversité des peuples. Mais l’État du Guatemala n’en veut pas parce qu’il est à genoux devant le pouvoir des grandes entreprise internationales, qu’elles soient minières, qu’elles construisent des barrages ou travaillent dans la monoculture pour les grands groupes agro-alimentaires, ou bien dans l’exploitation de la forêt.

Il y a une alliance entre le gouvernement, les réseaux du narcotrafic, les entreprises de sécurité privées qui travaillent pour les grandes  entreprises minières, et les réseaux de drogue et de mafia qui sont liées à ces problématiques. Tout cela dans un contexte où le président du Guatemala, Jimmy Morales, est empêtré dans une affaire de corruption, et qu’il est en train d’attaquer la Commission internationale qui doit enquêter sur ce sujet (2 .)

Pourquoi la lutte pour l’environnement et la lutte pour les droits de l’homme sont indissociables au Guatemala ?

A.L.C.I. On ne parle pas seulement de l’humanité, de la situation des hommes. Dans notre vision du monde – la vision des populations indigènes - il y a un rapport très important avec la Nature et la biodiversité. On englobe tout cela dans une même lutte.

En quoi vos organisations se sentent-t-elles menacées ?

AURA LOLITA CHAVEZ IXCAQUIC 
A.L.C.I. Les militaires, la sécurité privée et les paramilitaires arrivent dans les communautés, procèdent à des arrestations, des  meurtres, des  tortures, des viols, et nous sommes stigmatisés comme des terroristes, des gens qui sont contre les progrès économiques, tout cela parce que les multinationales sont en train d’accaparer les terres des peuples indigènes. On a déjà vécu ça pendant la guerre civile au Guatemala (3.)

Ils arrivent dans les communautés, ils divisent les gens, apportent des armes, ce qui génère des violences entre les membres de la communauté. Et les autres habitants du Guatemala ne s’en préoccupent pas.

Est-ce que vous parvenez tout de même à avoir des liens avec d’autres mouvements progressistes au Guatemala ?

A.L.C.I. Oui, bien sûr, nous sommes en contact avec d’autres organisations, ce n’est pas simplement notre lutte, il y a plusieurs mouvements d’opposition. Le combat qu’on mène se retrouve aussi dans d’autres parties de l’Amérique latine, comme par exemple au Honduras, où a été assassinée Berta Caceres ( 4 ). Les luttes sont locales, mais ce sont des problématiques globales. Nous nous revendiquons aussi comme paysans et féministes, ce qui nous relie à d’autres luttes.

Vous avez des exemples ?

A.L.C.I. Oui, on a par exemple réussi à combattre Monsanto au Guatemala. En 2014, le parlement a voté une loi qui était favorable à Monsanto et qui revenait à privatiser le maïs. Le maïs, c’est une plante qui est très importante dans notre culture. Nous avons pris contact avec d’autres peuples en Amérique latine qui avaient déjà lutté contre Monsanto, et après une manifestation d’une semaine à laquelle participaient également les syndicats, des mouvements sociaux, des agriculteurs et des mouvements de femmes, nous avons réussi à faire abroger la loi.

On a réussi aussi à empêcher l’entrée des compagnies minières dans plusieurs régions du Guatemala, même si les compagnies ont tout de même réussi à pénétrer dans d’autres zones. Et puis, on a amené le gouvernement t du Guatemala devant la cour intra-américaine des droits de l’homme sur la question des paramilitaires et de la défense de nos territoires.

Est-ce que vous vous sentez vous-même menacée ?
A.L.C.I. On m’a déjà attaquée à plusieurs reprises, on a essayé de me violer, mais l’état ne fait rien, à cause de cette alliance justement entre les paramilitaires et l’État.  On nous a déjà attaqué, y compris avec des  armes lourdes.

Qu’attendez-vous de l’Europe ?

A.L.C.I. Je salue ma nomination pour le prix Sakharov, c’est une occasion très importante dans l’histoire du peuple Maya et des peuples indigènes, parce que ça rend plus visible notre lutte dans notre pays.

Il ne faut pas non plus que les gens en Europe ferment les yeux sur ce qui se passe au Guatemala parce que les compagnies européennes sont responsables, on le dénonce. Ces entreprises ont du sang sur les mains,  donc il faut que l’Europe réagisse. Il faut par exemple envoyer une délégation de l’Union européenne dans les territoires mayas où l’on mène cette lutte, pour la montrer aux défenseurs des droits de l’homme.

(1) Le peuple quiché est un peuple indien d’Amérique centrale, apparenté aux Mayas. Il possède sa propre langue. La prix Nobel de la paix en 1992, Rigorberta Menchu, une militante pour les droits des indigènes, est une des figures les plus connues du peuple quiché. (2) Soupçonné de financement illégal de sa campagne électorale, le président Jimmy Morales est sous le coup d’une demande de levée d’immunité demandée par le parquet de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala, une mission spéciale des Nations unies chargée d’enquêter sur les affaires de corruption. (3) Le conflit armé au Guatemala opposant différents groupes de guérillas marxistes au gouvernement guatémaltèque, a duré de 1960 à 1996, faisant 100 000 morts, des milliers de disparus, et un million de personnes déplacées. Selon l’enquête des Nations Unies, 93% de ces violences ont été dues aux troupes gouvernementales. (4) L’assassinat en mars 2016 de la militante écologiste Berta Caceres qui luttait pour la préservation du fleuve Gualcarque menacé par un projet de barrage hydroélectrique, a soulevé une indignation mondiale. Sa famille a accusé les groupes industriels liés au gouvernement, d’avoir commis ce meurtre.

Jean-Jacques Régibier

vendredi 13 octobre 2017

DÉCÈS DE DARÍO ROJAS MARÍN


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DARÍO HERMAN ROJAS MARÍN
C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Darío Rojas, survenu mardi 10 octobre 2017 à Santiago du Chili.
DARÍO HERMAN ROJAS MARÍN, NÉ À PEDRO DE VALDIVIA, VILLAGE PROCHE DE TOCOPILLA AU NORD DU CHILI, LE 26 AOÛT 1953 ET DÉCÉDÉ À SANTIAGO DU CHILI, LE MARDI 10 OCTOBRE 2017, À LA SUITE D’UN ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL, A ANNONCÉ SA FAMILLE.
DARÍO HERMAN ROJAS MARÍN
dans les années 70, Dario fut élève de l’Internat National Barros Arana (INBA) - lycée emblématique de Santiago du Chili, où il commence à militer dans le Mouvement des jeunes socialistes (JS) puis dans le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR).

Le  coup d'État de Pinochet le surprend à Antofagasta, alors étudiant universitaire. Il travaille dans la clandestinité à la réorganisation de son parti décimé par la répression. Il fut arrêté et interrogé par les membres de la police politique chilienne. Dario est victime de mauvais traitements et de torture, notamment à l’électricité. Plus tard transféré au centre de détention et de torture  de la Villa Grimaldi dans les environs de Santiago, Dario est finalement expulsé du pays, condamné à une peine de bannissement. Il quitte le Chili pour la France.  

Pendant son séjour dans son pays d’adoption, Dario fut de toutes les campagnes de solidarité avec  le Chili, témoignages, manifestations, commémorations,  peñas et grèves de la faim. Il met un frein à son engagement politique au sein du MIR après des différends, avec ce qu’il considéra « une fuite en avant » de son Parti ; sans pour autant abandonner son engagement politique et social. 

Après un long exil, et dès que ce fut possible, Dario rentre au Chili quelques mois après le retour de sa femme et ses deux enfants nés en France, dans les années 90. Il fit face aux laborieuses formalités « du retour au pays » : réinsertion familiale et professionnelle.  Au Chili, il décide de s'installer dans la région Métropolitaine, non loin de sa famille et de ses parents.

Il travaille, jusqu'à ses derniers jours, dans le domaine de l’informatique, métier de reconversion acquis dans sa terre d'exil après une formation à l’Université Paris-X, Nanterre. 

mardi 10 octobre 2017

UN SÉISME DE MAGNITUDE 6,3 SECOUE LE NORD DU CHILI

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M 6.3 - 36 KM SUD-SUD OUEST DE PUTRE, CHILI
Un séisme de magnitude 6,3 a frappé le nord du Chili mardi matin, a annoncé l'institut géologique américain (USGS). 
SÉISME DE MAGNITUDE 6,3 À 
 36 KM SUD-SUD OUEST DE PUTRE, CHILI
La secousse a été enregistrée à 70 km à l'est de 
la ville côtière d'Arica, proche de la frontière péruvienne, à une profondeur de 82 km, a précisé l'USGS, sans faire état de victime ou de dégâts dans un premier temps.

L'un des pays les plus touchés par les tremblements de terre


 CHILI: SÉISME DE MAGNITUDE 6,3 DANS LE NORD DU PAYS
Le Chili est un des pays les plus touchés par les tremblements de terre. Il a ainsi enregistré ces sept dernières années trois séismes d'une magnitude supérieure à huit.

Les côtes du Chili longent des lignes de faille qui entourent le bassin du Pacifique et qui sont à l'origine de fréquents séismes et éruptions volcaniques.

lundi 9 octobre 2017

CHILI: DES MILLIERS DE MANIFESTANTS EN DÉFENSE DES INDIENS MAPUCHE


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CHILI: DES MILLIERS DE MANIFESTANTS
EN DÉFENSE DES INDIENS MAPUCHE  
PHOTO AGENCIA UNO

Le rassemblement, organisé chaque mois d'octobre en rejet de l'arrivée des Espagnols en Amérique latine, a pris une tournure plus revendicative cette année, pour exiger la fin de l'application d'une dure loi antiterroriste contre les indiens Mapuche accusés d'actes de vandalisme.


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PHOTO AGENCIA UNO
Quatre d'entre eux, emprisonnés depuis l'an dernier, ont récemment observé une grève de la faim pendant plus de 100 jours pour réclamer d'être jugés selon la législation ordinaire.

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PHOTO AGENCIA UNO
« Nous ne voulons plus d'armes sur notre territoire Mapuche, nous ne voulons plus de la loi antiterroriste », ont réclamé lundi les manifestants, parmi lesquels des Mapuche en tenue traditionnelle, qui ont défilé au rythme des tambours.

Quelques incidents ont éclaté quand des manifestants cagoulés ont lancé des pierres contre la police, qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

La présidente chilienne Michelle Bachelet a accédé la semaine dernière à la requête des quatre grévistes de la faim, en raison de la détérioration de leur état de santé. L'ONU a également critiqué la dureté de cette législation appliquée aux Mapuche.

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PHOTO AGENCIA UNO
Au total, une dizaine d'indiens Mapuche sont encore détenus pour différents actes de vandalisme, contre les camions, des temples religieux ou encore des propriétés privées du sud du Chili, où sont concentrés les Mapuche.

Les Mapuche sont la principale minorité indienne du Chili. Leur frange militante réclame des terres « ancestrales » saisies par l'Etat à la fin du 19e siècle, propriétés désormais d'entreprises forestières.

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PHOTO AGENCIA UNO
La communauté, qui a résisté à trois siècles de colonisation espagnole, compte 700.000 personnes (sur les 17 millions d'habitants du Chili) au niveau de vie très pauvre par rapport au reste de la population.

En juin, la présidente Bachelet avait demandé pardon pour les « erreurs et horreurs » commises contre cette ethnie, promettant d'étudier le registre des terres et eaux indigènes pour aborder la question de la restitution de territoires Mapuche.

vendredi 6 octobre 2017

MONDIAL 2018 : L'ARGENTINE AU BORD DU GOUFFRE, LE CHILI RESPIRE

Cinq équipes se tiennent en deux points, entre le Chili (3e, 26 unités) et le Paraguay (7e, 24 unités) qui garde un mince espoir de qualification grâce à son succès de jeudi (2-1) face à la Colombie (4e, 26). L'Argentine ne pointe qu'en sixième position, avec le même nombre de points que les Péruviens (5e, 25), qui occupent pour le moment une place de barragiste et rêvent à une première participation au Mondial depuis 1982. Même s'il admet que la position de l'Argentine «n'est pas très confortable», le sélectionneur Jorge Sampaoli se veut «très confiant dans le fait que nous allons être au Mondial».

La feuille de match d'Argentine - Pérou

Pour le match crucial de jeudi face au Pérou, la Fédération argentine avait misé sur l'ambiance bouillante du mythique stade de la Bombonera. Sauf que si Messi a bien touché le poteau au retour des vestiaires l'Albiceleste a livré une nouvelle fois une copie bien pâle. «On ne peut pas en demander plus à Leo Messi. Il a eu des opportunités, les a créées, a eu des balles de but. On a eu un Messi très intense, celui dont l'Argentine a besoin», a considéré Sampaoli. Ironie du sort, la dernière fois que l'Albiceleste a raté un Mondial (celui de 1970, au Mexique), elle avait été condamnée par un match nul (2-2) face au Pérou, dans ce même stade de la Bombonera.

L'Uruguay manque le coche

Double tenant du titre de la Copa América, le Chili a souffert jusqu'au bout mais est parvenu à remporter une victoire précieuse qui l'a remis sur les rails. L'attaquant Eduardo Vargas qui a ouvert le score à la 22e minute, avant l'égalisation de l'Equatorien Romario Ibarra à la 82e. Trois minutes plus tard, la star d'Arsenal Alexis Sanchez a redonné le sourire aux Chiliens (2-1). À Barranquilla, la Colombie tenait sa qualification pendant une dizaine de minutes, après un but de l'attaquant vedette de Monaco Radamel Falcao (79e), mais s'est totalement écroulée en fin de match. Oscar "Tacuara" Cardozo a égalisé (88e) et Antonio Sanabria a remis le Paraguay dans la course au Mondial en marquant dans le temps additionnel (2-1, 90e+2). L'Uruguay (2e, 28) a également raté une belle occasion de valider son billet pour la Russie en faisant match nul (0-0) à face à la lanterne rouge, le Venezuela, mais ne devrait pas avoir trop de mal pour se qualifier. Mardi, il lui suffira d'un point à domicile face à la Bolivie, déjà hors course, qui a tenu en respect le Brésil (0-0), handicapé par l'altitude de La Paz (3.600 m).

mercredi 4 octobre 2017

CUBA : LES DIPLOMATES ONT MAL AUX OREILLES


  CUBA : LES DIPLOMATES ONT MAL AUX OREILLES

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Migraines, nausées, troubles auditifs, les diplomates américains et canadiens à Cuba souffrent-ils d’“attaques acoustiques” ? Depuis neuf mois ils ressentent des symptômes inquiétants, dont personne ne comprend l’origine. Le ministre cubain des Affaires étrangères est à Washington pour tenter de résoudre le mystère avec son homologue américain.  Euronews · Dernière MAJ: 27/09/2017

mardi 3 octobre 2017

LES ÉTATS-UNIS ORDONNENT LE DÉPART DE 15 DIPLOMATES CUBAINS


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PHOTO ALEJANDRO ERNESTO

Selon un haut fonctionnaire de cette entité fédérale, cette mesure est liée aux incidents de santé rapportés par des membres du service extérieur des États-Unis à La Havane, mais il a souligné que ce geste ne signifie pas un changement de politique à l’égard de la Grande Île de la Caraïbe ni une attribution de responsabilités pour ces faits.

« Nous continuons d’entretenir des relations diplomatiques », a ajouté la source, selon laquelle ce pas répond au fait que, pour les États-Unis, Cuba n’a pas adopté toutes les mesures visant à assurer la protection de leur personnel dans l’Île.

Il a ajouté qu’un tel geste cherche à équilibrer la capacité de fonctionnement de sièges diplomatiques dans les capitales respectives, après la décision des États-Unis, le vendredi dernier, de retirer plus de la moitié de son personnel diplomatique à La Havane.

Les mesures de la semaine dernière et de ce mardi ont été adoptées bien que le Département d’État ait reconnu que les enquêteurs n’ont pas pu d’identifier ni les auteurs ni les causes de ce que Washington qualifie d’ « attaques », sans preuves concluantes à ce sujet. Le fonctionnaire de l’entité fédérale, qui a précisé que 22 diplomates étasuniens ont présenté des problèmes de santé à Cuba, a reconnu ne connaître ni les origines ni les motivations de ces incidents.  

Selon la source officielle, le gouvernement cubain l’a informé qu’il poursuivra l’enquête sur cette affaire « et nous continuerons de coopérer avec eux dans cet effort ».

« Nous poursuivrons aussi notre propre enquête », a ajouté le représentant du Département d’État, qui a affirmé que de telles décisions ne signifient aucunement une présomption de culpabilité.

À la suite de l’annonce de vendredi dernier, la directrice générale chargée des États-Unis au ministère cubain des Relations extérieures, Josefina Vidal, a qualifié de précipitée cette décision, affirmant qu’elle affectera les relations bilatérales, notamment la conclusion d’accords sur des questions d’intérêt mutuel.

Elle a souligné que le gouvernement cubain n'a aucune responsabilité dans les faits qui sont rapportés et qu'il s'acquitte avec sérieux et rigueur de ses obligations envers la convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 en ce qui concerne la protection de l'intégrité des fonctionnaires diplomatiques étrangers accrédités à Cuba sans exception et leur proches.

Lors d’un entretien avec son homologue étasunien, le Secrétaire d’État Rex Tillerson, le 26 septembre à Washington, Bruno Rodriguez lui avait signalé qu’il serait déplorable de politiser une affaire de cette nature, et que des décisions hâtives soient prises sans preuves et sans résultat d’enquête concluants.

À la suite des décisions de Washington sur cette question, plusieurs voix se sont élevées pour qualifier les pas franchis par le Département d’État d’excessifs, et ont mis en garde contre le danger qu’ils représentent pour le processus de normalisation des relations bilatérales.

Sénateurs et congressistes, groupes d’entreprises et de transport, anciens diplomates et analystes jugent maladroite la posture de l’administration de Donald Trump, qui le 16 juin dernier avait annoncé la suppression de plusieurs des avancées enregistrées par les deux pays.

Plusieurs sources ont averti que ces décisions ne profitent qu’à des figures comme le sénateur cubano-américain Marco Rubio, adversaire farouche d’un rapprochement entre les deux pays, qui, le vendredi, a qualifié de « faibles et inacceptables » les actions du gouvernement et a appelé à expulser les diplomates cubains de Washington. (PL)

LA MORT VIOLENTE D’UNE HAÏTIENNE MOBILISE LES DÉPUTÉS AU CHILI


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« VELATÓN » (BOUGIETHON) POUR JOANE FLORVIL 
« Nous devons avoir une forme d’explication, parce que cette citoyenne a été arrêtée », explique Ramón Farías de la commission chargée de l’enquête à la Chambre des Députés. « On doit aussi savoir ce qui est arrivé à l’enfant. (…) Il y a une nébuleuse autour de cette affaire qui n’est pas claire. »

« On ne pensait pas que cela aurait une fin aussi tragique », réplique Eduardo Cardoza, secrétaire exécutif du mouvement des Migrants en Action. « Elle était une jeune femme qui avait un futur. Il s’agit d’un impératif moral des autorités de nous donner une explication. »

Branislav Marelic, directeur de l’Institut pour les Droits Humains annonce qu’il va « accompagner la famille de la victime… On va faire tout ce qui est en notre pouvoir  pour que l’enfant retourne vers son père. »

L’organisation Action et Mère met trois avocats à disposition de la famille victime alors que jeudi prochain, le frère de Joane Florvil doit rentrer au Chili pour entreprendre les démarches pour l’enterrement de sa sœur.

vendredi 29 septembre 2017

AU CHILI, LA COMMUNAUTÉ MAPUCHE EN COLÈRE


 AU CHILI, LA COMMUNAUTÉ MAPUCHE EN COLÈRE
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AU CHILI, GRÈVE DE LA FAIM ET MANIFESTATION DES INDIENS MAPUCHES


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DESSIN TARDI
Ils affichaient leur soutien au "Lonko" (chef) Alfredo Trancal et aux trois frères Trangol détenus depuis quinze mois dans la prison de Temuco, dans le sud du Chili. Accusés d’avoir brûlé un temple évangélique en 2016 près de cette localité de la province d’Araucanie, les quatre militants demandent à être jugés par la justice ordinaire.

Actuellement détenus en vertu des dispositions de la loi "antiterroriste" – en vigueur au Chili depuis la dictature du général Pinochet –, les quatre militants et leurs soutiens dénoncent une justice d’exception. Celle-ci permet aux autorités de maintenir en détention des suspects pendant deux ans sans jugement, d’avoir recours à des témoins secrets et de durcir les peines en cas de condamnation.

Plus de 110 jours de grève de la faim

La manifestation était organisée par les militants mapuches au 110ème jour de grève de la faim des quatre détenus de Temuco.

Quelques jours plus tôt, cinq autres membres de la communauté mapuche emprisonnés à la suite d'autres actes de violence survenus dans la région ont annoncé qu'ils se joignaient à la grève de la faim de leurs compagnons.

Les Mapuches du Chili ont combattu la conquête espagnole pendant près de trois siècles et comptent aujourd’hui une population de 700 000 personnes (sur les 17 millions d'habitants que compte le Chili).

Principale minorité indienne du Chili, leur frange militante réclame la restitution des terres "ancestrales" saisies par l'État à la fin du XIXe siècle. Situées dans le sud chilien, ces terres appartiennent désormais à des entreprises forestières.

Depuis une quinzaine d’année, ce mouvement de récupération des terres a connu de nombreux épisodes de violences. Notamment des assassinats (de policiers, d’agriculteurs, de militants indigènes) et des incendies de biens ou de forêts.

Au Chili, de nombreux militants mapuches sont emprisonnés, une situation que dénoncent régulièrement les organisations de défense des droits de l'Homme.


Adapté de l’espagnol par David Gormezano.



lundi 25 septembre 2017

ARGENTINE : OÙ EST SANTIAGO MALDONADO, PREMIER DISPARU DE LA PRÉSIDENCE MACRI ?

MOBILISATION POUR « LE RETOUR EN VIE » DE SANTIAGO MALDONADO
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Santiago Maldonado, 28 ans, a été vu pour la dernière fois le 1er août dernier, lorsque la gendarmerie argentine menait une énième opération de répression contre la communauté autochtone mapuche en lutte («Lof» en Résistance du Cushamen, «Lof» étant un terme indien qui désigne une communauté indigène) qui manifestait sur la route nationale n°40, dans la province du Chubut, dans le Sud du pays, sur une propriété de la multinationale Benetton, territoire revendiqué par les Mapuches.

Jeune activiste solidaire de la cause autochtone, des témoins oculaires affirment qu’il aurait été capturé, frappé puis chargé à bord d’une camionnette aux insignes de la gendarmerie argentine. Depuis cette date, le discours du gouvernement argentin a changé à de multiples reprises, niant tout d’abord toute responsabilité de la gendarmerie dans la disparition du jeune activiste solidaire de la cause mapuche. L’affaire, néanmoins, a été requalifiée par la justice comme un cas de «disparition forcée», un terme qui, en Argentine, évoque les heures les plus sombres de l’histoire du pays.

Il s’agit donc de la première disparition d’un activiste sous la présidence Mauricio Macri qui était pourtant récemment félicité par le vice-président états-unien Mike Pence, lors de sa tournée latino-américaine, pour sa bonne gestion du pays.

La méthode de la disparition forcée a été introduite dans les années 1970 par les forces de répression argentines, instruites notamment par d’anciens officiers français ayant servi en Indochine et en Algérie. C’est en faisant «disparaître» les militant-e-s, activistes et opposant-e-s que la dernière dictature argentine a mené sa sale guerre qui a fait 30 000 victimes entre 1976 et 1983.

L’affaire Santiago Maldonado, dont personne n’a aujourd’hui de nouvelles, est en train de générer, en Argentine, une crise politique majeure. Le 2 septembre, une énorme manifestation, à Buenos Aires, et d’autres, en province, de même que plusieurs rassemblements organisés devant les ambassades et consulats d’Argentine dans les Amériques et en Europe ont réclamé, à nouveau, «l’apparition» de Santiago Maldonado, sain et sauf. L’avant-veille, des perquisitions étaient conduites contre des locaux de partis politiques de gauche à Córdoba, en raison de liens avec la résistance mapuche, qualifiée de «terroriste» par les autorités, alors que des membres du gouvernement continuaient à véhiculer l’idée selon laquelle Maldonado serait «passé à la clandestinité», voire aurait été assassiné par les Mapuches de Cushamen. Ce discours et ces pratiques ne sont pas sans rappeler la façon dont les autorités de la dictature se couvraient pour occulter les enlèvements de militant-e-s dans les années 1970 et justifier la répression.

En ce douzième anniversaire de la disparition de Julio López, ancien détenu disparu sous la dictature et enlevé à nouveau, le 18 septembre 2006, alors qu’il avait témoigné dans un procès intenté pour crime contre l’humanité contre des responsables de la police sous le régime militaire, nous joignons aux voix à celles de centaines de personnalités du monde de la culture, des idées, de l’art, de la politique et du mouvement social, comme Miguel Ángel Estrella, Noam Chomsky, Adolfo Pérez Esquivel ou Piedad Córdoba, pour demander au gouvernement argentin qu’il fasse toute la lumière sur cette affaire et pour exiger la réapparition, sain et sauf, de Santiago Maldonado. 

samedi 23 septembre 2017

ARGENTINE. CRI DE GUERRE MAPUCHE CONTRE BENETTON


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FACUNDO JONES HUALA 
Lui se définit comme un combattant de la liberté. Il est le chef coutumier des Mapuches, le dernier représentant d’une lignée indigène qui, du début du XVIIe siècle jusqu’à la fin du XIXe, dominait la Patagonie avant d’en être expulsée par les Argentins [lors de la tristement célèbre Conquête du désert, campagne militaire sanglante lancée entre 1878 et 1885]. La terre mapuche s’étirait de la côte atlantique aux confins du Pacifique en un long sillon ininterrompu.

Depuis deux ans, avec une communauté réduite à quelques milliers d’individus, ce jeune guerrier mène une lutte qui semblait impossible, archaïque, déconnectée des dynamiques politiques et économiques qui régissent les équilibres dans les États modernes. Mais la présence du groupe Benetton sur un territoire de 900 000 hectares où paissent quelque 100 000 brebis fournissant 10 % de la précieuse laine avec laquelle sont fabriqués les vêtements de la célèbre marque de prêt-à-porter de Trévise [en Italie] a mis le feu aux poudres et provoqué un affrontement qui couvait depuis au moins un siècle.

Un peuple de la terre en colère

La lutte des Mapuches, commencée il y a trois ans, presque en sourdine, par de petites revendications aussitôt rejetées par d’éphémères concessions et des décrets judiciaires, s’est très rapidement transformée en guérilla. Deux cents indigènes ont occupé une parcelle de la propriété des Benetton, acquise en 1991, et s’y sont installés en créant des campements.

Ainsi renaissait de ses cendres une civilisation qui avait été expulsée manu militari, reléguée dans quelques réserves que le gouvernement argentin avait destinées aux descendants des Mapuches, dont le nom signifie “le peuple de la terre”.

L’occupation a ravivé des espoirs jamais éteints et ranimé des sentiments que l’on croyait disparus. Des dizaines de familles, avec leurs anciens et leurs enfants, ont fini par essaimer, comme une tache de léopard, dans d’autres parties du domaine Benetton.

Carlo, le benjamin de la famille d’industriels textiles, prend alors l’affaire en main. C’est lui qui s’occupe de cette branche de l’exploitation. Il se rend en Patagonie plusieurs fois par an. Dans un premier temps, il tente de régler le litige par la conciliation. Il trouve un médiateur en la personne de Ronald McDonald, un Écossais coriace arrivé enfant en Patagonie. C’est un type dur, qui n’est pas du genre à prendre des gants. Il connaît cette terre, sait faire face aux imprévus. Il gère l’immense propriété et commente :
« Ils me semblent totalement irréalistes. C’est comme si aujourd’hui j’allais à Inverness, en Écosse, revendiquer la terre de mes ancêtres. C’est ridicule. »
Les Mapuches résistent. Il commettent de petits attentats, allument quelques incendies, dispersent les troupeaux, préparent des défenses artisanales. Armés de lances et de fusils, montés à cru sur leurs chevaux, ils patrouillent les terres reconquises.

Les errements des autorités argentines

Benetton cherche alors des recours légaux et se tourne vers la justice argentine. Il affirme, carte en main, que ces indigènes sont arrivés du Chili et que c’est donc au Chili de s’en occuper. L’Argentine lui donne raison, car elle ne veut pas d’autres problèmes. Mais elle joue la montre. Elle est en effet contrainte par un article de sa Constitution nationale qui reconnaît aux Mapuches la propriété de cette terre qu’ils occupaient traditionnellement. Elle envoie des détachements de police, traitant l’affaire comme un problème d’ordre public. Mais elle se heurte à une résistance inattendue.

Pour ne rien arranger, l’affaire prend un retentissement national. Les ONG et associations de défense des indigènes se sont mobilisées. La question est en effet très sensible en Amérique latine. Les sabotages se poursuivent et Benetton est dans l’œil du cyclone. Les affrontements redoublent d’intensité. Dans les villes de Bariloche, Esquel et El Bolsón [provinces de Río Negro et de Chubut], de féroces batailles opposent les militants aux forces de l’ordre. Il y a des arrestations et on compte plusieurs blessés.

Puis un sympathisant, [supposément] embarqué par les gendarmes, disparaît. Il s’appelle Santiago Maldonado et il a 28 ans. Il vivait à El Bolsón, avec une communauté d’indigènes. Sa disparition est dénoncée haut et fort, faisant ressurgir le spectre des méthodes brutales de la dictature argentine [1976-1983]. Le cas des Mapuches acquiert une dimension internationale.
Pour éteindre l’incendie, il ne reste plus qu’à frapper le mouvement à sa tête [estiment les autorités argentines]. Privé de son leader, il ne tiendra pas longtemps. Fin juin 2017, le chef Huala, passé dans la clandestinité, est capturé et incarcéré à la prison d’Esquel, à 1 800 kilomètres au sud de Buenos Aires, dans l’attente de son extradition au Chili. Les militants accentuent la pression en multipliant les manifestations et le mouvement prend de l’ampleur. Une vingtaine d’hommes, le visage dissimulé sous des écharpes et des passe-montagnes, saccagent la maison de la province de Chubut [à Buenos Aires], laissant derrière eux des paquets de tracts signés de la Résistance ancestrale mapuche (RAM).

Depuis sa cellule, Facundo Jones Huala donne des interviews à la presse. “Nous en avons assez de l’oppression, du vol de nos terres, déclare-t-il. Nous en avons assez de nous faire massacrer et arrêter quand bon leur semble. Mon cri de résistance a fait naître un nouvel espoir chez les gens qui ont commencé à récupérer ce qui a appartenu à nos ancêtres.

Et devant la prison, une pancarte bien en vue clame : “Le Paradis perdu ne peut plus attendre.”

Daniele Mastrogiacomo
Un gênant mystère

«  OU EST-IL? »
Où est Santiago Maldonado ?” s’interroge encore et toujours, à l’instar de toute la presse, le quotidien Página12. Le jeune artisan au look baba cool a disparu le 1er août après une intervention musclée de la police dans le campement mapuche de plein air, baptisé Pu Lof .

Ce jour-là, l’incursion des gendarmes sur le campement disperse les militants et des témoins assurent qu’ils ont vu Santiago Maldonado se diriger vers la rivière avant d’être supposément rattrapé par les forces de l’ordre et introduit de force dans une camionnette.

Après être d’abord resté “silencieux, avant d’évoquer des hypothèses inconsistantes et de soulever des doutes” à l’encontre des Mapuches eux-mêmes, souligne le journal Perfil, le gouvernement prend finalement la mesure de l’opprobre qu’il allait s’attirer, et fait diligenter une enquête plus poussée sur la gendarmerie. Le 12 septembre, le quotidien Clarín rapporte la confession d’un gendarme admettant pour la première fois depuis un mois et demi “qu’il avait agressé un manifestant en capuche” avec une pierre. L’Argentine est suspendue au douloureux mystère de cette disparition qui fait ressurgir les souvenirs du temps des dictatures (1976-1983).