lundi 26 mai 2014

CHILI : RÉALISATIONS ET RÉACTIONS

LA PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE, MICHELLE BACHELET, 
LORS DE LA CUENTA PUBLICA (DISCOURS PROGRAMMATIQUE), 
TENU LE 21 MAI 2014 DEVANT LE CONGRÈS NATIONAL CHILIEN.
PHOTO ALEX IBAÑEZ


Les parlementaires ont approuvé la réforme tributaire, l'un des piliers de l'action gouvernementale, mesure indispensable pour réduire les inégalités sociales et grâce à laquelle le pays obtiendra les moyens nécessaires aux réformes de l'éducation et de la santé. Le nombre de voix « pour » a largement dépassé celui des seuls membres de la NM, isolant un peu plus les forces qui jugent néfaste le changement quel qu'il soit (4).

A été adoptée la loi qui permettra, enfin, aux Chiliens vivant à l'étranger de voter, dans un premier temps aux élections présidentielles et lors de référendums, satisfaisant ainsi une vieille revendication des expatriés chiliens (5). 

A été envoyé au parlement un projet de loi pour remplacer le mode de scrutin binominal (créé par Pinochet et fondamental pour le système) par un scrutin majoritaire inclusif. 

Ont été adoptées la loi réglementant et améliorant, enfin, les conditions de travail et la situation des employé(e)s de maison (6), et celle punissant sévèrement la conduite en état d'ébriété qui provoque de terribles dégâts (7). 

A été envoyé pour étude au parlement le projet de nationalisation de l'eau (8), une demande très sensible des organisations territoriales du Petit nord. 

Les députées K. Cariola et C. Vallejo ont proposé au parlement un projet de loi interdisant tout profit dans l'éducation (9).

La présidente a proposé au Parlement les projets de loi qui établiront la gratuité scolaire, institutionnaliseront l'éducation maternelle et mettront fin au profit et la discrimination (10).

Le président de la Commission des droits de l'homme (DDHH) de la Chambre des Députés a reçu des organisations de défense des droits de l'homme, pour écouter leurs préoccupations et leur réaffirmer son engagement concernant la défense et la promotion des DDHH (11).

Le gouvernement présentera un projet de loi relative aux droits à la diversité sexuelle et de procréation et il encouragera la dépénalisation de l'avortement dans des cas déterminés (12), une vieille revendication des mouvements féministes.

Un ensemble de mesures réformant et régulant le secteur énergétique en attribuant un rôle prépondérant à l'Entreprise Nationale du Pétrole (ENAP), afin d'améliorer la concurrence et réduire les prix, a été adopté. Le plan prévoit le développement de la production d'énergies renouvelables -géothermique, solaire et éolienne- (13). Mesures très bien accueillies par les mouvements écologistes d'Aysén, très satisfaits de la proposition de participation citoyenne faite aux régions (14). 

Dans le domaine des droits de l'homme encore, deux décisions importantes. D'une part, la réintégration dans le service de la Police d'Investigation (PDI) du créateur de la brigade des DDHH, le sous-préfet Sandro Gaete, demande réitérée des organismes de défense des DDHH (15). D'autre part, la levée de l'immunité parlementaire du député de l'UDI, Rosauro Martínez, responsable de l'assassinat, pendant la dictature, de trois militants du MIR dans le sud du pays (16).

Le sénateur Navarro, des mapuches et des ONG ont présenté un projet de loi contre l'utilisation de témoins protégés (17). Le gouvernement de son côté s'est engagé à réviser la loi anti-terroriste et la Loi civile. Un groupe de travail, comprenant des avocats reconnus dans le domaine de la défense des droits de l'homme, a été constitué, qui devra présenter des propositions dans un délai de 60 jours (18).


DOMINGO NAMUNCURA LE PREMIER AMBASSADEUR MAPUCHE DU CHILI

Enfin, pour la première fois dans l'histoire du pays, un ambassadeur d'origine mapuche a été nommé (19).

Le discours du 21 mai annonçait par ailleurs d'autres projets qui, suite aux derniers évènements, viennent enrichir le programme, et qui sont, selon la Présidente, des « décisions qui reflètent les majorités» (20). Ainsi, entre autres, la loi sur la pêche élaborée sous Piñera sera révisée, la création d'un ministère de la culture est programmée, un plan de gestion des chiens vagabonds est annoncé, des mesures d'urgence pour faire face aux catastrophes naturelles ont été adoptées, la fin de la municipalisation de l'éducation est un objectif confirmé, une nouvelle carrière professionnelle des enseignants sera instaurée, la création de deux universités d'État en province est confirmée, la création d'une commission d'experts pour étudier la question du lithium est validée, des moyens nouveaux seront alloués à l'entreprise d'État qui exploite le cuivre (CODELCO), un fonds national du médicament verra le jour, la volonté de créer un Ministère des affaires indigènes est affirmée.

Cependant, le programme gouvernemental ne satisfait pas tout le monde et des oppositions s'affirment, provenant fondamentalement de la droite, réticente à tout changement ce qui s'explique aisément, mais aussi de secteurs radicaux de gauche.

Réactions à droite …

La réforme du mode de scrutin voulue par la NM est vivement critiquée par la droite. En effet, avec la nouvelle loi, vont disparaître du parlement la plupart des élus d'extrême droite de l'Union Démocrate Indépendante (UDI), principale bénéficiaire de l'héritage de Pinochet et du système politique en vigueur, au point d'être le premier parti en nombre d'élus (21). 

Fidèle à son habitude de dicter à l'opposition de droite des arguments et les priorités et les actions à suivre, le journal El Mercurio a impulsé une vigoureuse campagne contre la réforme tributaire, essayant d'effrayer la classe moyenne, une formule qui avait déjà fait ses preuves à l'époque d'Allende (22). Les dirigeants du patronat au sein de la Société de Promotion de l'Industrie (SOFOFA) ont pris le relais de cette offensive (23). Plus graves et inquiétantes encore sont les déclarations de Cesar Barros, le patron de la chaîne de grands magasins « La Polar » et ex-président de SalmonChile, qui face aux mesures gouvernementales brandit la menace d'une résurgence de Patrie et Liberté, le mouvement fasciste de l'époque d'Allende dont beaucoup de membres sont devenus les pires tortionnaires durant la dictature (24). 

Cette violente campagne médiatique des secteurs réactionnaires et privilégiés montre que les réformes de la NM touchent au cœur le système qu'ils se sont tant efforcés de construire (25) et aussi qu'ils sont prêts à utiliser tous les moyens pour le préserver.

Les États Unis, qui se trompent rarement de cible, ont choisi leur ambassadeur au Chili pour faire connaître leur critique du projet de réforme fiscale et demander de la « stabilité économique » et des « règles claires » dans la mise en place des lois, s'immisçant ainsi ouvertement dans les affaires intérieures du pays (26). Cette intervention a suscité des ripostes immédiates de la part du député communiste D. Nuñez (27), du président du PC, G. Teillier (28) et de Michelle Bachelet elle-même (29).

Le même jour, un article du Wall Street Journal affirmait que la réforme tributaire serait fatale au modèle économique, qualifiant ces mesures d'«attentat contre le miracle chilien» (30). D'autres journaux du système avaient avant lui condamné la politique de la NM. Le journal anglais The Economist avait taxé la réforme fiscale de « mesure populiste » qui provoquerait certainement une diminution des investissements et une chute des actions (31). Le Washington Post avait averti que la réforme allait ralentir la croissance, indiquant que les actions de M. Bachelet n'étaient pas celles d'une personne considérée comme proche alliée de Washington. » (32).
Récemment encore, The Economist critique une nouvelle fois M. Bachelet en s'alarmant de la vitesse vertigineuse dans l'application des mesures, s'interrogeant sur leur pertinence et finissant par affirmer qu'elles mettent en péril la croissance du pays (33). Enfin lors du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), le président du Conseil d'entreprises bilatéral Pérou-Chili, Juan Francisco Raffo, a affirmé que l'instabilité fiscale qui sévit au Chili pourrait inciter les investisseurs à aller ailleurs (34).

L'intervention éclatante de l'administration américaine dans la conduite de la politique de la NM et les réactions de la presse de droite viennent clore la longue discussion sur la question de la continuité ou non d'une politique néo-libérale outrancière par le nouveau gouvernement chilien. 


… mais aussi à gauche

En dépit de cette évidence, l'éditorialiste de Punto Final estime que la journaliste du Wall Street Journal manie des « références erronées », car la réforme tributaire pourrait n'affecter en rien le modèle néo-libéral et les intérêts des compagnies étrangères, pas même « avec le pétale d'une rose » (35).

On assiste aussi à des contorsions et des retournements d'analyse plutôt difficiles à suivre. Par exemple, F. Gaudichaud à qui la manchette du journal El Siglo « Prendre d'assaut l'histoire » semblait en janvier 2014 « vraiment exagérée [...] même si le gouvernement Bachelet prétend ouvrir une « nouvelle ère » » (36), pense, en février 2014, que le gouvernement aborde « définitivement un changement d'époque et peut-être d'ère » (37). Et malgré cette dernière affirmation, l'auteur décrit l'évolution de la situation actuelle en truffant son dernier texte de références à l'époque de la Concertation.

Un examen chronologique de l'argumentaire de l'opposition de gauche montre qu'elle s'est d'abord manifestée par un refus de croire en la capacité de la NM de se doter d'un programme progressiste. Par la suite, lorsque le programme a été annoncé, les mesures ont été disqualifiées et/ou jugées insuffisantes (38). Ou bien, a été supposé un manque de volonté de la NM d'appliquer le programme, avec le secret espoir de le voir rester lettre morte ou échouer lors de sa mise en œuvre (39). Aujourd'hui, devant la célérité et le sérieux dans la conduite de l'action gouvernementale, cette opposition se borne à exiger la réalisation de points qui n'ont jamais été prévus dans le programme (40). 

De la même façon, autant les réactions face à une réforme comme celle du mode de scrutin semblent normales venant de la droite (41), autant elles paraissent incompréhensibles de la part de la gauche, sauf s'il s'agit d'une forme de rejet des partis politiques (42), car le système proposé par la NM est celui en vigueur dans la plupart des pays d'Amérique Latine (43).

La nature négative de ces critiques prive leurs auteurs de toute implication dans l'action gouvernementale à travers des propositions constructives. Et pourtant les opportunités ne manquent pas. Le gouvernement est, à maintes reprises, revenu sur des décisions à la demande des associations et du mouvement social. Les remplacements de gouverneurs et sous-secrétaires, comme la prise en compte de la réforme du code du travail revendiquée notamment par la CUT, en constituent les preuves (44).

Ces secteurs radicaux semblent toujours impatients et insatisfaits. Quoi que l'on fasse, ils trouvent des raisons de s'opposer, faisant finalement le jeu de la droite. Le président de l'Équateur Rafael Correa, qui s'efforce de faire aboutir la révolution citoyenne dans son pays afin de le libérer de l'emprise nord-américaine, a aussi subi l'action de ces opposants. En visite au Chili, il a déclaré que ceux-ci sont « fatigants » et les a qualifiés de « gauche stupide » (izquierda boba) et «infantile» (45), qu'il faut combattre fermement et sans répit, car ils sont « les meilleurs alliés de la droite et du système » (46). Cette déclaration souligne le fait que ceux-ci peuvent poser des problèmes à tous les stades de développement de la lutte, y compris lorsque les forces progressistes accèdent au gouvernement, comme ce fut le cas à l'époque d'Allende. 

La dernière démonstration de cet esprit d'intolérance a failli faire éclater la Confech, suite à la disqualification et à des menaces, attribuées à ces secteurs (47), dont aurait été victime la Présidente de la Fédération de l'Université Catholique, fragilisant ainsi le mouvement étudiant (48).

Néanmoins, la plupart des plus importants ex-dirigeants étudiants sont, soit élus (quatre députés), soit collaborateurs au sein du gouvernement de la NM, où, nombreux (13), ils contribuent à « concrétiser les demandes revendiquées dans la rue lorsqu'ils étaient étudiants » selon les termes de C. Ballesteros, ex-président de la Fédération des Étudiants de l'Université de Santiago (Feusach). L'éventail de ces collaborateurs va des jeunesses de la NM -socialiste et communiste- à d'autres comme Révolution Démocratique (RD) ou encore G. Petersen, ex-président de la Fédération de l'Université de Concepción (FEC), un des plus radicaux (49). 

Ainsi, la persistance d'opinions critiques (50), malgré toutes les réalisations et la participation massive de responsables de mouvements sociaux, tout comme les réactions d'instances, tant nationales qu'internationales, alarmées par les mesures prises, montrent que le gouvernement de la NM n'est pas la continuation des gouvernements précédents, qu'il existe une nette inflexion par rapport aux politiques néo-libérales conduites auparavant par la droite ou par la Concertation. 


J.C. Cartagena et N. Briatte



Notes :



(2) http://www.lanacion.cl/noticias/pais/politica/medidas-de-bachelet-que-faltan-por-cumplir-a-un-mes-del-plazo/2014-05-19/125617.html 



http://el-siglo.blogspot.fr/2014/05/chili-un-premier-mai-revelateur.html








(8) « La chambre des députés réactive le projet de nationalisation de l'eau »
« Le projet avait été présenté au Congrès pendant le premier mandat de M. Bachelet, mais sa discussion fut freinée par le gouvernement de S. Piñera et même le ministre C. Larroulet a insisté pour son rejet ».
http://www.eldinamo.cl/2014/04/22/camara-de-diputados-reactiva-proyecto-de-nacionalizacion-del-agua/

http://www.cronicadigital.cl/2014/04/22/bachelet-impulsa-proyecto-para-nacionalizar-el-agua/ 

(9) Les députées communistes K. Cariola et C. Vallejo vont présenter un projet de loi qui visera à combler définitivement les vides qui permettent le profit dans un nombre important d'universités, malgré l'interdiction par la loi.
http://www.cooperativa.cl/noticias/pais/politica/camara-de-diputados/camila-vallejo-y-karol-cariola-anunciaron-proyecto-que-prohibe-lucro-en-educacion/2014-04-16/182004.html

(10) Michelle Bachelet signera demain des projets qui mettront un terme au profit, à la sélection et aux frais d'inscription dans les collèges. Ces projets établissent la « fin du profit et de la discrimination, assurent la gratuité scolaire et créent une nouvelle institution : l'école maternelle ».
http://www.theclinic.cl/2014/05/18/michelle-bachelet-firmara-manana-proyecto-que-termina-con-la-seleccion-el-copago-y-el-lucro-en-los-colegios/

(11) « Le député Hugo Gutiérrez trouve un accord avec les organisations des droits de l'homme (DDHH) sur les principales lignes pour cette nouvelle période législative ».
« Le président de la Commission des DDHH de la chambre des députés, H. Gutiérrez (PC), s'est réuni avec les représentants de la Commission éthique contre la torture, du Commando Unitaire des ex-prisonniers politiques, de Villa Grimaldi, de Nido 20, de la Maison Mémoire José Domingo Cañas et de l'Association des Familles de Détenus Disparus, pour écouter leurs principales préoccupations et les assurer de son engagement concernant la défense et la promotion des DDHH ».
http://www.pcchile.cl/?p=9157

(12) « Le gouvernement présentera un projet sur les droits à la diversité sexuelle et à la procréation, et encouragera la dépénalisation de l'avortement ».
Une réunion de coordination s'est tenue entre la ministre du Service National de la Femme (SERNAM), Claudia Pascual, et le ministre de la Justice, José Antonio Gómez, pour déterminer le travail conjoint dans les projets du gouvernement où les deux sont concernés :  paiement des pensions alimentaires, modifications de la Société Conjugale et de la loi sur la violence intra familiale, présentation du projet de loi sur les droits relatifs à la sexualité et la procréation.
http://www.elclarin.cl/web/noticias/politica/11377-gobierno-presentara-proyecto-sobre-derechos-sexuales-y-reproductivos-e-impulsara-la-despenalizacion-del-aborto.html 

(13) « Un ensemble de sept mesures qui cherchent à améliorer la concurrence et à réduire les prix ». Bachelet a placé l'Entreprise Nationale des Pétroles (INAP) au centre de la réforme énergétique. Elle prévoit le développement d'énergies renouvelables et la consommation du gaz naturel.
http://www.elmostrador.cl/negocios/2014/05/15/bachelet-pone-a-enap-al-centro-de-reforma-energetica-y-gas-natural-es-clave-para-contener-precios/ 

http://el-siglo.blogspot.fr/2014/05/bachelet-definit-les-besoins-en-energie.html

(14) Le coordinateur de la Coalition Citoyenne pour Aysén Réserve de Vie, Peter Hartmann, a qualifié de bonne nouvelle pour la région l'annonce du gouvernement de commencer un «processus de discussion technique et participative […] pour la définition d'une politique énergétique à court et long termes, qui assurerait un ravitaillement sûr, à des prix raisonnables, et avec le maximum de développement de ressources propres (énergies éolienne et mini hydraulique) et l'efficience énergétique [..] d'où émanera une proposition de loi pour le changement du cadre régulateur des Systèmes Moyens dans la Loi Électrique ». « La participation citoyenne et l'organisation territoriale ont pris une grande importance et c'est ce que les citoyens demandent depuis assez longtemps ».
http://www.elciudadano.cl/2014/05/16/105720/propuesta-de-politica-energetica-especial-para-aysen-revela-que-para-bajar-tarifas-no-necesitamos-represas/

(15) « La PDI fait marche arrière et réincorpore l'agent fondateur de la brigade des Droits de l'homme ». Le licenciement de Gaete de la PDI avait été rejeté par les organisations des Droits de l'homme, qui ont accusé l'administration de S. Piñera d'avoir orchestré un règlement de comptes à son encontre.
http://www.elmostrador.cl/2014/12/05/pdi-da-marcha-atras-y-deja-sin-efecto-paso-a-retiro-de-detective-fundador-de-su-brigada-de-dd-hh/
(16) Le député Gutiérrez (PC), qui a demandé, et obtenu, le retrait de l'immunité parlementaire de R. Martínez : « Je ne me suis jamais résigné à ce que ce criminel ne soit pas jugé ».
http://www.elmostrador.cl/pais/2014/05/12/gutierrez-pc-sobre-desafuero-de-rosauro-martinez-nunca-me-resigne-a-que-ese-criminal-no-fuera-enjuiciado/ 

(17) « Le sénateur Navarro, des mapuches et des ONG ont présenté un projet de loi contre le recours à des témoins protégés ». Selon la commission des droits de l'homme du Sénat, « ceci ne va pas profiter aux seuls mapuches, mais à tous ceux qui un jour pourraient être impliqués dans un procès de droit commun où les témoins sans visages sont utilisés, car leur emploi à tort et à travers peut occasionner de graves erreurs judiciaires».
http://www.cronicadigital.cl/2014/05/15/senador-navarro-mapuches-y-ongs-presentaron-proyecto-de-ley-contra-uso-de-testigos-protegidos/ 

(18) « La grève des prisonniers politiques mapuches a pris fin ce jeudi après midi lorsque le gouvernement a annoncé la révision de la loi anti-terroriste et de la Loi civile qui a utilisé des témoins sans visage ».
http://www.elclarin.cl/web/noticias/cronica/11576-presos-mapuches-deponen-huelga-de-hambre-tras-acuerdo-con-el-gobierno.html

(19) « Chili : pour la première fois un mapuche est désigné comme ambassadeur » 
« Domingo Namuncura a été nommé ambassadeur du Chili au Guatemala, ce qui représente une avancée importante pour en finir avec la discrimination ».
http://cambio21.cl/cambio21/site/artic/20140428/pags/20140428184525.html 

(20) Discours de M. Bachelet du 21 mai 2014.
http://21demayo.gob.cl/pdf/2014_discurso-21-mayo.pdf

(21) Le député, secrétaire général du Parti Socialiste, Osvaldo Andrade, a affirmé que sans la binominale, la UDI s'évanouira.
« Sans le système électoral actuel l'organisation d'extrême droite cessera d'exister car elle perdra la représentativité que l'actuelle formule lui permet d'avoir au parlement ». Il demande au gouvernement de remplacer l'actuel système par la proportionnelle.
http://www.lanacion.cl/noticias/pais/politica/timonel-ps-sin-el-binominal-la-udi-se-desvanece/2014-05-04/155958.html 

(22) « Le venin de chaque matin ». « La véritable droite et ses intérêts ne reposent pas dans l'UDI ou RN. La véritable maison de la droite est […] El Mercurio ».
« Le retour de Michelle Bachelet est mal perçu tout comme son approche du discours des étudiants. Même si les réformes avaient été annoncées depuis novembre dernier, El Mercurio réagit sur la marche des événements en développant jour après jour un scénario que les parlementaires de droite reprennent, en bons subordonnés obéissants».
Voir les éditoriaux de El Mercurio des 1er, 2, 3 et 5 avril contre la réforme tributaire. Paul Walder.  
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=183679

(23) « Sofofa a averti d'une possible diminution des investissements dans le pays suite à la réforme tributaire : « Si les projets que les entreprises évaluent deviennent peu rentables à cause de l'augmentation de l'impôt, sans doute qu'ils se développeront, mais dans un autre pays » a déclaré Hermann von Mühlenbrock, président de SOFOFA.
http://www.adnradio.cl/noticias/economia/sofofa-advirtio-posible-baja-en-las-inversiones-en-el-pais-tras-la-reforma-tributaria/20140320/nota/2137796.aspx

(24) «Sont en cours trois réformes très grandes. L'une est politique, l'autre fiscale et la troisième éducationnelle. Mais qui sont, avec une majorité circonstancielle de la Nouvelle Concertation, très remarquables et que lamentablement quelques bruits entendus rappellent l'époque de l'Unité Populaire (UP) (sic) […]. C'est un langage qui a l'odeur de l'UP et je crois que c'est un mauvais chemin, car après il ne faut pas venir se lamenter si se produisent de nouvelles reformulations de Patrie et Liberté » 
http://www.elclarin.cl/web/opinion/politica/11598-invocando-a-patria-y-libertad.html

(25) « La réforme nécessaire des Forces Armées ». « Le programme de gouvernement de Michelle Bachelet a proposé des réformes politiques et économiques qui sans doute touchent le cœur du système. Les préoccupations et le branle-bas de combat causé par la droite et les propriétaires du pays, le montrent ».
http://piensachile.com/2014/05/la-reforma-pendiente-en-las-fuerzas-armadas/

(26) « L'ambassadeur des USA demande de la « stabilité » et des « règles claires » dans les changements prévus par Bachelet ».
http://www.lasegunda.com/Noticias/Politica/2014/05/933032/embajador-de-eeuu-pide-estabilidad-y-reglas-claras-ante-cambios-impulsados-por-bachelet

(27) « Le député Núñez: “Ce n'est pas l'ambassade des USA qui légifère ni ne gouverne au Chili ».
http://www.lanacion.cl/noticias/pais/rree/diputado-nunez-embajada-de-eeuu-no-es-la-que-legisla-ni-gobierna-en-chile/2014-05-07/135925.html

(28) « G. Teillier : les déclarations de l'ambassadeur des USA sont une ingérence dans les affaires internes ».
http://www.eldinamo.cl/2014/05/07/teillier-las-declaraciones-del-embajador-de-ee-uu-rayan-en-la-intromision-en-asuntos-internos/

(29) « Bachelet a défendu les réformes face aux critiques de l'ambassadeur des USA ».
http://www.nodal.am/2014/05/bachelet-frente-a-las-criticas-del-embajador-de-eeuu-somos-conocidos-por-nuestra-seriedad/

(30) « Wall Street Journal critique le projet de réforme tributaire ». Mary Anastasia O'Grady à travers son article traite l'initiative « d'attentat contre le miracle chilien ».
http://www.latercera.com/noticia/negocios/2014/05/655-576723-9-wall-street-journal-critica-proyecto-de-reforma-tributaria.shtml

(31) « Il serait remarquable que les changements de fiscalité ne génèrent pas une réduction dans l'investissement et le prix des actions ». M. Bachelet « aura besoin de toutes ses nombreuses habilités politiques si elle ne veut pas sacrifier une politique publique saine sur l'autel du populisme ». The Economist.
http://www.24horas.cl/politica/the-economist-habla-de-futbol-politico-en-la-reforma-tributaria-1164587 

(32) « Mais la croissance du Chili se ralentit, et les capitaines d'industrie préviennent que ces régimes fiscaux seront un frein dangereux. » « Bachelet, considérée comme une proche alliée des États-Unis, ne semble pas agir en tant que telle. » « De récents sondages montrent que les critiques de la réforme fiscale proposée par Bachelet ont commencé à entamer sa popularité ».
http://www.washingtonpost.com/world/chile-tax-reform-plan-to-tackle-inequality-through-education-boost/2014/05/04/b5d52c71-9f0c-4a46-9867-6e86dcdf5b4c_story.html 

(33) « La vraie question n'est pas de savoir si l'économie va souffrir un peu, mais si les résultats à long terme le justifient ». Le journal se demande si « Bachelet est en train de mettre le modèle de croissance en situation de risque ». « Quelques uns décrivent le rythme comme imprudent, spécialement en un moment où l'économie chilienne subit une décélération ». « Il est difficile de croire qu'une réforme de cette amplitude n'aura aucun impact sur l'investissement et la croissance ». Le journal termine par un conseil : pour améliorer l'éducation au Chili, Bachelet doit « secouer » les professeurs. 
http://www.elmostrador.cl/2014/22/05/the-economist-sale-a-defender-el-modelo-chileno-y-cuestiona-reformas-de-bachelet/ 

(34) Au forum de coopération Asie-Pacifique (Apec), l'un des thèmes était la réforme tributaire. Le président du Conseil d'entreprises bilatéral Pérou-Chili, Juan Francisco Raffo, a affirmé que l'instabilité fiscale que vit le Chili pourrait conduire les investisseurs à aller ailleurs » 
http://www.elclarin.cl/web/noticias/politica/11627-embajada-de-ee-uu-en-campana-contra-la-reforma-tributaria.html
(35) En parlant de l'article du Wall Street Journal, Punto Final écrit : « Il est paradoxal car [l'auteur] fait des références erronées, telles que : la réforme tributaire pourrait affecter le modèle néo-libéral, ce qui, malheureusement, n'est pas ainsi. [La réforme] ne touche même pas d'un pétale de rose les intérêts des compagnies étrangères qui sont en train de dépouiller le Chili de ses richesses naturelles et elle diminue l'impôt sur la rente des richards. La réforme n'est que la modernisation d'un modèle qui nécessite des changements pour fonctionner mieux et sa mise en oeuvre a été conseillée par l'OCDE ».
http://www.puntofinal.cl/803/ultimoeditorial804.php

(36) « Du fait de ce manque de participation citoyenne et militante, on pouvait être assez étonné par la manchette de l’hebdomadaire du Parti communiste El Siglo qui, après la victoire, invitait la population à « prendre d’assaut l’histoire » aux côtés de Michelle Bachelet ! Cela me semble vraiment exagéré car même si le gouvernement Bachelet prétend ouvrir une « nouvelle ère », il représente surtout la continuité des vingt ans de gouvernements sociaux-libéraux de la Concertation (1990-2010) et de leur gestion loyale du modèle économique hérité de la contre-révolution civilo-militaire de Pinochet. »
Punto Final, Santiago, n° 797, janvier 2014 repris par Mémoire des luttes :
http://www.medelu.org/Regards-critiques-sur-le-Chili

(37) « Un simple regard au nouveau cabinet laisse entrevoir ce qui vient. Si sur les 23 ministres on peut estimer la présence de neuf femmes (un record historique) ou de 5 ministres qui se sont prononcés en faveur d'une l'Assemblée Constituante, les postes clefs sont aux mains de notables agents de l'hégémonie néo-libérale ». « Le gouvernement de Bachelet 2.0 ouvre une phase que nous proposons d'appeler époque de progressisme néolibéral ou social libéralisme mur, dans un contexte de crise de légitimité du système de domination forgé par la dictature ». « Le bloc au pouvoir est confus, sentant qu'il aborde définitivement un changement d'époque et peut-être d'ère. A court terme les opérations transformistes du bacheletisme tenteront de répondre à ce désarroi. La proposition de la NM est de réformer dans la continuité, mais pour cela elle aura besoin aussi de canaliser et domestiquer -dans la mesure du possible- les mouvements sociaux plus critiques et d'affronter une période qui sera probablement de forte pression depuis la base et de grandes mobilisations » « Le panorama chilien semble encore très loin de la 'révolution', invoquée comme un redoutable spectre du passé par Tironi. Mais, le changement d'époque est indéniable : un changement plein de nuages, de clairs-obscurs et de contradictions. En regardant les pays voisins comme la Bolivie, l'Argentine, l'Équateur dans lesquels la crise de légitimité du modèle néo-libéral s'est transformée en crise d'hégémonie avec de grandes mobilisations et des ruptures institutionnelles, l'élite chilienne cherche à éviter un scénario similaire. Les tensions dans les droites, comme la recomposition de l'ex-Concertation, font voir que les classes dominantes pensent trouver à tâtons un nouveau souffle et de possibles corrections supportables par le régime politique. » « Quand la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) est submergée par la paralysie, et contrôlée par la NM (sa présidente est Bárbara Figueroa, dirigeante du PC), le jaillissement de ce syndicalisme d'un nouveau type pourrait renouer progressivement le fil rompu du pouvoir populaire et des luttes ouvrières des années 70. ».
(Un conseil au Gaudichaud enseignant : il faudrait éviter de commettre des fautes d'orthographe en langue espagnole. L'absence d'accent dans les mots, en particulier lorsqu'il s'agit de verbes, peut totalement changer le sens d'une phrase. Les auteurs).
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=184776

(38) « Les demandes populaires forgées pendant des années de lutte sociale ont été déformées par les élites politiques de la NM. Elles ont été métamorphosées en des points électoralistes, émoussés, austères, adaptables et assimilables par le système de domination producteur d'inégalité sociale ». 
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=184887

La présidente de la Fédération des Étudiants de l'Université du Chili (FECH), Melissa Sepúlveda, a déclaré que les « projets de loi [sur la réforme de l'éducation] sont parcellaires, qu'ils ne contiennent pas la demande intégrale proposée par le mouvement social ».
http://www.cronicadigital.cl/2014/05/19/confech-llama-marchar-este-21-en-valparaiso/

« La micro-réforme tributaire qui ne change rien » L. Casado.
http://issuu.com/politika/docs/politika_n__73?e=0/7901398#

« Il s'agit de changer quelque chose pour que tout reste immuable ». L. Casado.
http://issuu.com/politika/docs/politika_71

(39) Sergio Grez: « Néanmoins, avec le temps, les réformes révéleront leur caractère véritable, car elles ne résoudront pas les problèmes fondamentaux. »
http://alainet.org/active/73239&lang=es

«L'inquiétude continue de s'étendre autour des difficultés que serait en train d'affronter le gouvernement de la présidente Michelle Bachelet pour mener à bien le programme » (Le conditionnel est toujours très commode lorsqu'on n'est pas sûr ou que l'on ne veut pas se mouiller dans des analyses que l'on sait par avance ne pas être étayées sur les faits. Note des auteurs). 
Éditorial de Punto Final mars 2014 (année 48, numéro 800)

(40) « Le programme de Bachelet omet, ou plutôt rejette, les transformations profondes, le changement de modèle et se concentre sur des «modernisations» de la fiscalité, de l’éducation et des institutions. […] Aucune allusion non plus aux dépenses militaires, ni à la nécessaire redéfinition du rôle des forces armées. Aucune position claire à propos de l’organisation d’une assemblée constituante pour mettre fin – plus de vingt-trois ans après son édification – à la Constitution illégitime de 1980, rien non plus de fondamental sur une réforme profonde de la législation du travail (la constitution, comme le code du travail, a été rédigée pendant la dictature). » (Traduction des auteurs).

http://alainet.org/active/73239&lang=es

(41) « Des députés considèrent la réforme du système binominal comme « un véritable arrangement de la NM ». Deux députés de droite ont critiqué le projet législatif qui sera discuté au parlement à partir de ce mardi (6 mai) et proposent de continuer à élire les deux premières majorités et non pas une comme le prévoit le projet.
http://www.elmostrador.cl/pais/2014/05/04/diputados-consideran-la-reforma-al-binominal-como-un-verdadero-arreglin-de-la-nueva-mayoria/ 

(42) « La réforme truquée du système binominal »
« Un système électoral vraiment démocratique devrait permettre, avant tout, que n'importe quel citoyen puisse être candidat uniquement en s'inscrivant comme tel. Ou à défaut, que ce soit les organisations sociales de base, à commencer par les associations de quartier, qui élisent les candidats de manière pyramidale. Pourquoi les partis politiques devraient-ils être propriétaires des élections et non les organisations sociales de base qui détiennent la suprématie, si c'est dans celles ci que se trouve le peuple organisé ».
http://elclarin.cl/web/opinion/politica/11317-la-reforma-trucha-del-binominal.html

(43) Les systèmes électoraux et les modes de scrutin en Amérique Latine
http://www.iidh.ed.cr/comunidades/redelectoral/docs/red_publinea/Tratado/Sistemas%20Electorales%20Parlamentarios%20y%20Presidenciales.htm

(44) Chili : Un premier mai révélateur. 
http://el-siglo.blogspot.fr/2014/05/chili-un-premier-mai-revelateur.html

http://www.legrandsoir.info/chili-un-premier-mai-revelateur.html

(45) « Le président de l'Équateur, Rafael Correa, a critiqué ce mercredi les activistes de gauche qui ont généré des conflits dans un projet minier dans la zone nord du pays andin, faits qu'il a comparés aux évènements violents qui ont lieu au Vénézuela ». Il a ajouté : « C'est bien là cette politique qui réellement fatigue souvent, et souvent venant de la gauche, cette gauche infantile, inauthentique, cette gauche stupide qui est la meilleure alliée de la droite, du statu quo, et qui pense que la pauvreté fait partie du folklore.» 
http://www.aporrea.org/internacionales/n250847.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+aporrea+%28Aporrea.org%29 

(46) voir (45).

(47) La Présidente de la Fédération de l'Université Catholique (FEUC) a « gelé » sa participation à la Confech après avoir reçu insultes et menaces qui auraient été cautionnées par la majorité des dirigeants des étudiants. La FEUC a été l'une des fondatrices de la Confech et constitue un de ses piliers.
http://www.elmostrador.cl/2014/19/05/naschla-aburman-fractura-la-confech-en-la-semana-clave-de-la-agenda-educacional/ 

http://www.elclarin.cl/web/noticias/cronica/11606-las-tensiones-entre-la-feuc-y-la-confech.html 

(48) L'ex-président de la FEUC et actuel député, G. Jackson, a assuré qu'on ne peut pas permettre « qu'elle [Naschla Aburman] soit instrumentalisée par des secteurs qui veulent valider la violence comme l'unique forme de transformation de la situation actuelle ». Il a souligné que cautionner la violence a « pour seul effet d'affaiblir le mouvement des étudiants ». « Ce sont des secteurs qui ne sont pas disposés à le dire en public, ni à montrer leur visage. Ce sont des personnes qui essaient d'influencer dans l'anonymat, parce que personne n'est prêt à dire qu'il est favorable à la violence ».
http://www.elmostrador.cl/2014/19/05/giorgio-jackson-naschla-no-puede-ser-marioneta-de-sectores-radicalizados/ 

(49) Au total, 13 ex-dirigeants étudiants en 2010-2012 travaillent aujourd'hui pour l'Exécutif. La plupart des porte-parole universitaires qui travaillent pour le gouvernement sont de RD ou communistes, mais il y a aussi des indépendants comme G. Petersen, ex-président de la FEC en 2011. On compte entre autres presque toute la Fédération de l'Université Catholique de 2010, dont le président Miguel Crispi; les présidents de la Feusach en 2011, Camilo Ballesteros, et en 2010, Pablo Moyano; la présidente de la Fédération de l'Université Technique Federico Santa María en 2012 Catalina Lamatta; le président de la FECH en 2010, Julio Sarmiento. 
http://www.elmostrador.cl/pais/2014/05/02/de-rebeldes-a-funcionarios-petersen-sarmiento-y-los-ex-confech-que-entraron-al-gobierno/

(50) voir (36).

jeudi 22 mai 2014

BACHELET PRÉSENTE SA RÉFORME DE L’ÉDUCATION

La leader prévoit financer cette réforme en augmentant progressivement les impôts des entreprises de cinq pour cent afin d’amasser environ 8,2 milliards $. Le projet de loi relatif à cette mesure a été approuvé par la chambre basse la semaine dernière et doit maintenant faire l’objet d’un débat au Sénat.

Michelle Bachelet a déclaré, lundi, qu’elle avait répondu à l’appel des millions d’étudiants qui manifestent depuis 2011 afin d’obtenir une refonte du système d’éducation chilien, composé d’écoles publiques offrant une formation de piètre qualité et de dispendieuses universités privées.

vendredi 16 mai 2014

GDF SUEZ INAUGURE AU CHILI UN RÉSERVOIR GNL


Ce sont 550 millions d’euros qui ont été investis dans le terminal de Mejillones, dont 145 pour le seul réservoir onshore. Il s’agit du 5e terminal du genre, avec celui d’Everett, près de Boston aux Etats-Unis, et trois autres en France.

Sa première pierre a été posée en 2008 dans l’urgence, après que l’Argentine eut coupé le robinet du gazoduc transandin, alors en difficulté pour couvrir ses besoins énergétiques internes.

Pour assurer une sécurité d’approvisionnement énergétique au Chili, le GNL arrive au terminal de Mejillones de quatre pays : l’Egypte, la Norvège, Trinidad-et-Tobago et le Yémen. Vingt bateaux approvisionnent le terminal qui, entre 2010 et 2014, a fonctionné grâce à un méthanier qui stockait le GNL.

Le terminal de regazéification de Mejillones, nouvelle corde à l’arc de GDF Suez, renforce sa présence au Chili. Déjà détenteur de près de 50 % des parts de marché dans la production d’électricité du nord du pays via sa filiale E-CL, et propriétaire du parc éolien Monte Redondo inauguré il y a cinq ans, dont les 48 MW d’électricité alimentent l’équivalent de 35 000 foyers.

Chili en croissance

L’Amérique latine représentait 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013 pour l’énergéticien français, un peu moins que l’Amérique du Nord (4,1 milliards d’euros). Un marché porteur où la croissance du Chili devrait notamment être la plus élevée de l’OCDE en 2014 (3,6 %).

Et si l’économie de la Chine – le premier acheteur du cuivre chilien – connaît un léger recul, cela n’inquiète pas GDF Suez. Son PDG, Gérard Mestrallet, assure “compenser le très léger ralentissement de la croissance des pays émergents en pénétrant d’autres économies”, comme l’Afrique du Sud ou le Koweït. Le gaz naturel liquéfié a donc de beaux jours devant lui dans le pays andin.

Comme l’a indiqué le ministre chilien de l’Energie, Máximo Pacheco, lors de l’inauguration du terminal de Mejillones, le Chili souhaite “diversifier sa politique énergétique” en réduisant la place du charbon au profit d’autes sources moins polluantes, face aussi au doublement prévu de la consommation d’énergie du pays dans les dix à douze ans à venir.

Le terminal de Mejillones est le 5e terminal du genre, avec celui d’Everett, près de Boston aux Etats-Unis, et trois autres en France.

BACHELET DÉFINIT LES BESOINS EN ÉNERGIE DU CHILI

Les autorités vont également débloquer 400 millions de dollars au profit de la compagnie pétrolière publique Enap (Entreprise nationale du pétrole).

Le déficit et l'incertitude de ces dernières années dans le secteur de l'énergie au Chili ont en outre compliqué la viabilité de nombreux projets miniers, alors que le pays est le plus grand producteur de cuivre au monde.
Cette année, la Commission chilienne du cuivre (Cochilco) a estimé la consommation d'électricité des compagnies minières à quelque 22,9 TWh, et prévoit qu'en 2025 les projets miniers attendus doubleront quasiment la consommation à 41,1 TWh.

Le nouveau gouvernement chilien parie notamment sur les énergies renouvelables et le gaz naturel et vise à réduire de 20% la consommation d'électricité d'ici 2025.
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En outre, 45% de la capacité de production d'électricité mise en place entre 2014 et 2025 proviendra d'énergies renouvelables (éolien, solaire, marémotrice, hydraulique à petite échelle, biomasse, biogaz, géothermie).

Mme Bachelet a ainsi annoncé l'expansion de la capacité du terminal gazier de Quintero pour regazéifier le gaz naturel liquide (GNL) arrivant par bateau.
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TERMINAL GAZIER DE QUINTERO POUR REGAZÉIFIER LE GAZ NATUREL LIQUIDE (GNL)



Avec 4.000 km de côtes, un désert comptant avec la plus importante radiation au monde et la deuxième plus grande chaîne de volcans de la planète, le Chili compte avec un grand potentiel pour développer les énergies renouvelables.

«  Le pays a besoin de nouveaux investissements et doit améliorer les infrastructures et générer davantage de compétition avec de nouveaux acteurs. Sans énergie nous ne pouvons pas distribuer du bien-être et contribuer à la croissance de l'économie du Chili », a indiqué pour sa part le ministre de l'Energie, Maximo Pacheco.

mercredi 14 mai 2014

LE SCRUTIN PROPORTIONNEL POUR PLUS DE REPRÉSENTATIVITÉ AU CHILI

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Un scrutin qui date de la dictature de Pinochet

Avec ce mode de scrutin mis en place il y a 25 ans, la dictature a réussi à maintenir une droite forte et, donc, à éviter toute possibilité de réforme importante qui modifierait le système politique qu’elle a mis en place. La Constitution actuelle reste, par exemple, celle de la dictature. Ce mode de scrutin oblige les partis à former des coalitions, et ces coalitions à négocier entre elles pour faire passer les lois. Elle pousse les partis à éviter de renouveler ses représentants. Les parlementaires sont en effet à 80 % les mêmes depuis 25 ans...

Elle empêche aussi l’arrivée sur les bancs des Assemblées des indépendants et des membres de petits partis. Autrement dit, elle paralyse la vie politique avec la présence des mêmes têtes, des mêmes partis, des mêmes coalitions, et un consensus systématique. Autant de facteurs qui ont dégoûté les Chiliens de la politique. Lors des dernières élections où le vote était libre et non plus obligatoire, l’abstention tournait autour de 60 %. Et c’est cette profonde critique de la société chilienne qui pousse la droite aujourd’hui à accepter une réforme de ce système.

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SCHÉMA DU MODE DE SCRUTIN PROPORTIONNEL. WIKIPÉDIA

La proportionnelle pour remplacer le système binominal

La présidente Michelle Bachelet prône la mise en place du scrutin proportionnel. C’est en fait un retour au système antérieur à la dictature. Il devrait permettre l’irruption de nouveaux partis, de petits partis, donc un renouvellement des élites politiques, un nouveau souffle. Il irait aussi de pair avec un quota obligatoire de 40 % de femmes. En revanche, les indépendants ne se verront pas forcément plus avantagés. La réforme de Bachelet découpe en effet le territoire en circonscriptions beaucoup plus grandes. Il faudra donc plus d’argent pour faire campagne. Le porte-à-porte dans les petites circonscriptions n’y suffira plus. Il y aura aussi 47 parlementaires de plus. Ce qui pourrait monter la population contre la réforme : les Chiliens trouvent déjà qu’il y a trop de parlementaires et qu’ils gagnent trop. Ainsi, au Chili, un sénateur gagne 50 fois le salaire minimum. Même si elle a de grandes chances d’être adoptée et si elle insuffle sans aucun doute plus de démocratie, il n'est pas sûr que cette réforme réconcilie les Chiliens avec la politique.

mardi 13 mai 2014

CHILI : LEVÉE DE L'IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE DU DÉPUTÉ ROSAURO MARTÍNEZ

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VICTIMES DE ROSAURO MARTÍNEZ LABBÉ
Dans un jugement unanime, la Cour d'Appel de Valdivia, a donné raison à la juge Emma Díaz Yévenes, chargée de l’enquête sur des violations aux droits de l'homme à Neltume. 

La Cour d'Appel a résolu lundi 12 mai 2014 de lever l'immunité parlementaire du député du parti de droite Rénovation nationale (RN), Rosauro Martínez Labbé pour les homicides qualifiés des militants du MIR Próspero del Carmen Guzmán Soto, Patricio Alejandro Calfuquir Hernández y José Eduardo Monsalve Sandoval, qui ont eu lieu le 20 septembre 1981 à Neltume dans le secteur de Remeco Alto, commune de Panguipulli. 

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PHOTO PRISE PAR LE CAPITAINE DE L'ÉPOQUE ROSAURO MARTÍNEZ LORS «L'OPÉRATION LA MACHETTE» À NELTUME. PHOTO CIPER 

Le député, en sa qualité de commandant de l'Armée de Terre et sous le pseudonyme de « Mosquetón », était en 1981 responsable de l'unité militaire qui a commis ces meurtres.


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IMAGE DE PROPAGANDE DE LA RÉSISTANCE
GROUPE GUERRILLERO À NELTUME
En septembre 1981 les trois résistants ont été abattus tandis qu'ils dormaient, selon les témoignages rassemblés par la recherche judiciaire. Le détachement des Troupes Spéciales de la Compagnie de Commandos N°8 « Llancahue » de Valdivia (CCN°8), sous la conduite du commandant Rosauro Martínez Labeé, s'était secrètement approché de la maison. Patricio Calfuquir et Próspero Guzmán sont morts criblées de balles à bout portant. Sur le cadavre de Guzmán on compte 28 impacts de projectiles conformément au rapport d'autopsie. 
« NELTUME, ÉTINCELLE DE RÉBELLION »  
SOURCE WIKIPÉDIA
Eugenio Sandoval fut blessé et arrive à fuir par une fenêtre postérieure. Rosauro et une poignée de ses hommes l'ont trouvé à peu de mètres de distance, encore en vie, dissimulé entre des bambous. Ils lui ont tiré direct dans la tête et l'ont tué. Un hélicoptère Puma envoyé depuis la IV Division de l'Armée de Valdivia par son commandant, le général Rolando Figueroa Quezada, a repris les trois cadavres et les a conduits dans cette ville en les remettants à la morgue locale.

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Pour sa mission à Neltume comme patron du CCN°8, le commandant Rosauro a reçu des félicitations de l'Armée, consignées dans sa feuille de vie le 11 novembre 1981. Il est écrit « une performance Extraordinaire sous la conduite de la Compagnie de Commandos N°8 au cours des actions contre-subversives de combat dans la zone de Neltume, où sept extrémistes sont morts sans aucune perte de l'Armée ».