samedi 28 avril 2012

PIÑERA : « L'ÉDUCATION EST UN BIEN DE CONSOMMATION COMME LES AUTRES . »

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DE GAUCHE À DROITE L'ARCHEVÊQUE DE SANTIAGO ET PRÉSIDENT DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DU CHILI, MGR RICARDO EZZATI (L'ÉGLISE CATHOLIQUE EST LA PROPRIÉTAIRE DES LIEUX ET DES CENTRES D'EDUCATION), M. FELIPE BULNES MINISTRE DE L'EDUCATION DU 18 DE JULLIET JUSQU'AU 29 DE DICIEMBRE 2011,  LE MILLIARDAIRE CONSERVATEUR M. SEBASTIÁN PIÑERA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CHILI ET M. JAIME ALCALDE, RECTEUR DU CENTRE DE FORMATION TECHNIQUE DUOCUC. PHOTO ALEX IBAÑEZ



« Parce que l'éducation accomplit un double objectif : c'est un bien de consommation d’avoir plus de culture, et pouvoir mieux profiter des instruments et des opportunités pour une total réalisation personnelle. Mais l'éducation possède aussi un composant de placement. C'est un bien de consommation ».


Déclaration du milliardaire conservateur Sebastián Piñera, le Mardi 19 de juillet de 2011, lors de l'inauguration du nouveau siège « San Joaquín » du Centre de Formation Technique privée DuocUC de l'Université Catholique du Chili, auquel a assisté également le flambant neuf ministre de l'Education Felipe Bulnes, démissionné depuis, suite aux manifestations étudiantes.

LES ÉTUDIANTS CHILIENS NE S’EN LAISSENT PAS COMPTER



LES ÉTUDIANTS DE L'ECOLE DE JOURNALISME DE SCIENCES PO ONT INTERVIEWÉ CAMILA VALLEJO, LA FIGURE EMBLÉMATIQUE DU MOUVEMENT ÉTUDIANT CHILIEN, DE PASSAGE À PARIS LE 14 OCTOBRE 2011.
Deux jours plus tôt, l’exécutif du multimillionnaire de droite, acculé par les mobilisations sociales, a annoncé que les entités bancaires étaient désormais persona non grata dans le système de financement de l’éducation. 
Une manière pour le gouvernement de contenir un mouvement qui a réveillé, à l’intérieur de ses frontières mais également à l’échelle continentale comme en Colombie, un vent de revendications estudiantines. 
Ce retrait est « souhaitable mais pas fondamental », a rétorqué le mouvement. « Il y a une avancée, a précisé Gabriel Boric, le président de la puissante Confédération des étudiants du Chili (Confech). Mais cela ne met pas un terme à la course au profit dans l’éducation. » À ses yeux, « le conflit éducatif n’a pas été résolu en 2011, les piliers structurels du modèle éducatif, comme l’endettement et le profit, ont toujours cours.» 
En 1981, le Chili, laboratoire du néolibéralisme sous la coupe des institutions financières internationales, a imposé l’idée selon laquelle l’éducation n’était plus un droit. « On a instauré (le fait qu’elle) pouvait être un commerce, “un bien de consommation”, duquel on pouvait tirer des profits, poursuit, Gabriel Boric. Depuis, ce modèle a vécu dans une crise permanente » qui malmène les plus hautes autorités. La cote de popularité de Sebastian Piñera a chuté à 29 % au mois de mars, d’après une enquête réalisée par Adimark, pourtant réputée proche de la majorité présidentielle.

vendredi 27 avril 2012

LES 100 ANS DE LUTTE DES COMMUNISTES CHILIENS

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LUIS LOBOS, MEMBRE DU CONSEIL EXÉCUTIF DES JEUNESSES COMMUNISTES, CAMILA VALLEJO, LEADER EMBLEMATIQUE DE LA CONTESTATION ANTI LIBÉRALE ET VICE-PRÉSIDENTE DE LA FÉDÉRATION DES ÉTUDIANTS DU CHILI, LE MUSICIEN ET POÈTE CUBAIN SILVIO RODRIGUEZ ET KAROL CARIOLA, SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DES JEUNESSES COMMUNISTES DU CHILI,  À CUBA, LE VENDREDI 6 AVRIL 2012. PHOTO : BLOG « SEGUNDA CITA » DE SILVIO RODRIGUE
Le PC chilien vit de toute évidence une étape importante dans sa lutte en faveur des couches les plus humbles et fragiles de la société chilienne. L'organisation politique fut fondée le 12 juin 1912, il y a aujourd’hui 100 ans par l’infatigable ouvrier typographe Luis Emilio Recarraben et une trentaine d’ouvriers du salpêtre et d’employés dans les locaux du quotidien El Despertar, dans la ville d’Iquique, dans le nord du pays. Il vit le jour sous le nom de Parti ouvrier socialiste.

Le changement de nom eut lieu lors du 2e Congrès de cette organisation, le 2 janvier 1922, quand cette formation politique décida d’adhérer à l’Internationale communiste.
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LUIS EMILIO RECABARREN SERRANO, OUVRIER TYPOGRAPHE, LEADER SYNDICAL CONSIDÉRÉ COMME LE  « PÈRE»  DU MOUVEMENT OUVRIER CHILIEN. FUT DÉPUTÉ PENDANT DEUX PÉRIODES, ENTRE 1906 Y 1924. MEMBRE DU PARTI DÉMOCRATIQUE,  FONDATEUR DU PARTI OUVRIER SOCIALISTE DU CHILI (POS) EN 1912, PUIS DU PARTI COMMUNISTE DU CHILI (PCCH) À PARTIR DE 1922. FONDATEUR ET DIRECTEUR DES JOURNAUX EL DESPERTAR DE LOS TRABAJADORES, EL SOCIALISTA Y EL JUSTICIALISTA.
Du fait de la crise que traversait le pays au début du siècle, le jeune parti souleva aussitôt la nécessité de la prise du pouvoir par le prolétariat et de faire la révolution, et entama une lutte qui suscita d’emblée de violentes attaques de la bourgeoisie.

Pendant des décennies de lutte, les communistes chiliens connurent plusieurs périodes de persécutions et d’interdictions qui les firent entrer dans la clandestinité et les obligèrent à se reconstruire à plusieurs reprises. Beaucoup de leurs militants furent réprimés, incarcérés ou assassinés. L’assassinat du chanteur de l’Unité populaire Victor Jara constitue probablement l’un des crimes les plus emblématiques de la sanglante dictature qui pendant 17 ans fut imposée par le général Augusto Pinochet et qui ne parvint pas à bout de l’idéal communiste au Chili.

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GUILLERMO LEÓN TEILLIER DEL VALLE (NÉ LE 29 OCTOBRE 1943 À SANTA BÁRBARA (CHILI)) EST LE PRÉSIDENT ACTUEL DU PARTI COMMUNISTE DU CHILI (PCCH), ÉLU DÉPUTÉ EN DÉCEMBRE 2009 DANS LA CIRCONSCRIPTION N°28 (LO ESPEJO, PEDRO AGUIRRE CERDA ET SAN MIGUEL). PHOTO TERRA
En 1933, le PC chilien rejoint le Front populaire, une alliance d’organisations de gauche comme le Parti socialiste, le Parti radical, le Parti démocratique et la Centrale des travailleurs, ce qui lui permit d’acquérir plus de poids sur la scène politique chilienne, et d’augmenter son influence dans l’arène internationale avec la création du Mouvement unique pour la victoire, pour apporter de l’aide politique, morale et matérielle à l’Union soviétique pendant la Seconde guerre mondiale dans sa lutte contre le fascisme allemand.

Entré dans la clandestinité, le PC chilien décida pour la première fois d’apporter son soutien à Salvador Allende Grossens pendant les élections présidentielles de 1952 (perdues), et à cette fin il constitua avec le Parti socialiste le Front du peuple, mais il était encore trop tôt pour obtenir des résultats significatifs avec un programme, dans une atmosphère haineuse marquée par les violentes campagnes de propagande lancées par Washington et l’oligarchie chilienne.

Avec leur discours sur un programme de changements économiques et sociaux, anti-impérialistes et anti-oligarchiques, les communistes reprirent la lutte et, après la légalisation du parti en 1958, ils soutinrent une nouvelle fois la candidature d’Allende et du Front d’action populaire (FRAP), aux élections générales de cette même année, où le candidat de la gauche avait de grande chances de l’emporter. La propagande massive de la droite et de l’impérialisme l’en empêcha.

Pourtant, le Parti communiste chilien et ses alliées gagnaient du terrain. En 1964, la bataille des élections s’annonçait plus rude que jamais du fait de la popularité grandissante d’Allende. Cependant, la droite manœuvra et retira son candidat en faveur du Parti démocrate chrétien représenté par Eduardo Frei Montalva.

La lutte de classes faisait rage au Chili. En 1969, une coalition de six partis politiques, allant des communistes aux radicaux et aux chrétiens de gauche, fut constituée en vue des élections de 1970. Son programme attira les masses déçues des promesses non tenues par les partis bourgeois.

Salvador Allende l’emporta. Mais la nationalisation du cuivre et d’autres mesures sociales qui profitaient aux couches les plus pauvres de la population, ainsi que le soutien grandissant des masses à l’Unité populaire représentaient un danger intolérable pour les États-Unis, l’oligarchie et les militaires de formation fasciste menés par Augusto Pinochet qui, le 11 septembre 1973, perpétrèrent un coup d’État sanglant organisé par la CIA, qui fit des milliers de morts, de torturés et de disparus.

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LUIS CORVALÁN (PUERTO MONTT, 14 SEPTEMBRE 1916–SANTIAGO DU CHILI, 21 JUILLET 2010) HOMME POLITIQUE CHILIEN, SECRÉTAIRE DU PARTI COMMUNISTE DU CHILI (PCCH) PENDANT LES ANNÉES DE LA DICTATURE DU GÉNÉRAL AUGUSTO PINOCHET. PHOTO BIBLIOTHÈQUE DU CONGRÈS NATIONAL DU CHILI.
Le secrétaire général du Parti communiste chilien, Luis Corvalán (un combattant infatigable et un fidèle ami de Cuba) fut emprisonné et la plupart des membres du Comité central furent contraints à l’exil, ce qui provoqua un certain flottement dans ses rangs, jusqu’à la création d’un organisme chargé de regrouper et de réorganiser le parti avec des dirigeants clandestins ou quasiment inconnus : l’Équipe de direction intérieure, qui vit le jour en 1974.
Tout au long de cette période funeste, durant laquelle les forces armées du Chili ont agi comme véritable armée d’occupation dans leur propre pays, la Parti communiste chilien a été sauvagement persécuté, ses militants emprisonnés, soumis aux plus atroces tortures et lâchement assassinés par les appareils de terreur de Pinochet, qui a leur voué une haine personnelle et s’est proposé de les éliminer jusqu’au dernier. Des milliers de militants, des femmes et des hommes de tous ages, figurent toujours sur les interminables listes de victimes et des « disparus » de la dictature.

Au début des années 90, sans Pinochet au pouvoir, l’exécutif de l’organisation décida de relever de nouveaux défis dans la lutte en faveur des masses appauvries, en dépit des obstacles pseudo-légaux dressés par la Constitution et les lois pinochetistes qui avaient pour but de contrer son influence dans la vie politique nationale, ainsi que son accession au Parlement.
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GLADYS DEL CARMEN MARÍN MILLIE (NÉE LE 16 JUILLET 1941 ET DÉCÉDÉE LE 6 MARS 2005 À SANTIAGO AU CHILI), FUT UNE FEMME POLITIQUE CHILIENNE, QUI FUT PRÉSIDENTE DU PARTI COMMUNISTE DU CHILI. PHOTO PATRICIO FUENTES
Dans ces conditions, le PC chilien décida de participer aux élections à tous les niveaux, et en 1999 Gladys Marín, l’emblématique secrétaire générale du Parti, décorée de l’Ordre de José Martí par le Conseil d’État de Cuba, obtint 3,19% des suffrages. À sa mort, en 2005, la direction du Parti fut confiée à Guillermo Teillier, un autre combattant révolutionnaire, cette fois en qualité de président.

Aux élections parlementaires de cette année, le Parti communiste du Chili allait conclure un accord électoral avec les partis de la Concertation démocratique qui lui permit de disposer de 3 députés au Parlement (Hugo Gutiérrez, Lautaro Carmona et Guillermo Teillier).

Fort de son prestige et aujourd’hui avec une petite force parlementaire, le PC chilien prend une part active à toutes les luttes des masses dans le pays contre les lois néolibérales imposées par Pinochet pour protéger les intérêts de l’oligarchie et des transnationales qui se livrent au pillage des ressources naturelles du pays.
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LES TROIS DÉPUTÉS DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PARTI COMMUNISTE CHILIEN : HUGO GUTIERREZ, GUILLERMO TEILLIER ET LAUTARO CARMONA. PHOTO INSTITUTO DE CIENCIAS ALEJANDRO LIPSCHUTZ (ICAL) 
L’une de ses tâches prioritaires est de contraindre le Congrès à supprimer le système dit d’« élection binominale », héritage de Pinochet qui étouffe les minorités politiques et crée les conditions, combinées à d’autres facteurs, d’approfondissement de la crise de représentation, de participation et de légitimité.

Le Parti communiste assure son soutien et sa solidarité indéfectibles aux indiens Mapuche dans la défense de leurs terres ancestrales. Il condamne fermement la répression des étudiants et des peuples originaires, et les ouvriers ont pu compter sur un appui solide du PC chilien lors des grèves et manifestations pour améliorer leur niveau de vie. Il déploie toute son énergie à tenter de sortir les grandes masses dépossédées de la pauvreté et de l’indigence, et met toute son action et son dévouement au service de son peuple et de la justice sociale. Le PC chilien continue sur cette voie, confiant dans la victoire.

jeudi 26 avril 2012

CHILI: LES ÉTUDIANTS RETOURNENT DANS LA RUE POUR LA PREMIÈRE FOIS DE L'ANNÉE

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CAMILA VALLEJO ET D'AUTRES DIRIGEANTS  OBSERVENT LES MILLIERS D'ÉTUDIANTS QUI ONT MANIFESTÉ MERCREDI À SANTIAGO DU CHILI POUR LA PREMIÈRE FOIS DE L'ANNÉE, DANS LE CADRE D'UN MOUVEMENT POUR OBTENIR UNE RÉFORME DE L'ÉDUCATION LANCÉ EN 2011. PHOTO  HÉCTOR FLORES
La marche avait été convoquée par la Confédération des étudiants du Chili (Confech) qui juge "insuffisante" une proposition du gouvernement d'exclure les banques privées du système de prêts estudiantins, aux taux d'intérêt trois fois supérieurs à ceux pratiqués par les universités elles-mêmes.

Des manifestations de moindre ampleur ont été organisées à Valparaiso (centre), Concepcion (400 km au sud de Santiago), Temuco (600 km au sud de Santiago) et La Serena (400 km au nord de la capitale)
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LES ÉTUDIANTS, ENSEIGNANTS ET LYCÉENS CHILIENS ONT PARTICIPÉ DEPUIS MAI 2011 À PLUS DE 40 MANIFESTATIONS,  POUR RÉCLAMER UNE RÉFORME PROFONDE D'UN SYSTÈME ÉDUCATIF PRINCIPALEMENT AUX MAINS DU SECTEUR PRIVÉ ET MARQUÉ PAR DE PROFONDES INÉGALITÉS. PHOTO FELIPE GONZÁLEZ
Les étudiants, enseignants et lycéens chiliens ont participé depuis mai 2011 à plus de 40 manifestations, certaines parmi les plus massives depuis le retour à la démocratie en 1990 (jusqu'à 100.000 personnes à Santiago), pour réclamer une réforme profonde d'un système éducatif principalement aux mains du secteur privé et marqué par de profondes inégalités.

Plusieurs de ces manifestations avaient été émaillées de violences entre jeunes casseurs et forces de police anti-émeutes.

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LES ÉTUDIANTS EXIGENT UNE PARTICIPATION DE L'ETAT AU FINANCEMENT DES ÉTUDES, POUR CONTRER LES EFFETS D'UN SYSTÈME ÉDUCATIF TRÈS INÉGALITAIRE, AINSI QU'UNE GARANTIE CONSTITUTIONNELLE SUR UN NOYAU DUR D'ENSEIGNEMENT PUBLIC GRATUIT ET DE QUALITÉ. PHOTO FELIPE TRUEBA 
Les étudiants exigent une participation de l'Etat au financement des études, pour contrer les effets d'un système éducatif très inégalitaire, ainsi qu'une garantie constitutionnelle sur un noyau dur d'enseignement public gratuit et de qualité.

Fin 2011, le mouvement a obtenu une hausse de 10% du budget de l'éducation pour 2012, de timides aides à l'endettement étudiant et un début de réforme sur la gestion des collèges et lycées publics. La principale organisation étudiante, la FECH, avait prévenu en décembre que "le mouvement continuerait" en 2012.

Le 15 mars, une manifestation de quelque 5.000 lycéens s'était terminée par des violences et l'arrestation d'au moins 50 personnes à Santiago.

mercredi 25 avril 2012

CHILI : LA JUSTICE ORDONNE L'OUVERTURE DU TESTAMENT DE PINOCHET

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DES MOULAGES DU VISAGE DES QUATRE CONSPIRATEURS DU PUTSCH QUI A PRIS LE POUVOIR AU CHILI PAR UN COUP D'ETAT, LE 11 SEPTEMBRE 1973, DANS DANS UNE VITRINE DU MUSÉE À LA GLOIRE D'AUGUSTO PINOCHET QUI ENTRETIENT LA MÉMOIRE DU DÉFUNT DICTATEUR DANS LA PROCHE BANLIEUE DE SANTIAGO. (DE GAUCHE À DROITE) JOSE TORIBIO MÉRINO DE LA MARINE, LE DICTATEUR SANGUINAIRE AUGUSTO PINOCHET, GUSTAVO LEIGHT DE L'ARMÉE DE L'AIR ET CESAR MENDOZA DE LA POLICE, DANS UNE VITRINE À LA MAISON DE L'ANCIEN DICTATEUR À SANTIAGO, DEVENUE MUSÉE. PHOTO  SANTIAGO LLANQUIN 
Saisie par la justice, et afin d'éviter des problèmes en raison du possible favoritisme de l'ancien dictateur, sa famille n'a jamais consulté le document. « Les enfants n'ont aucun intérêt à ouvrir quelque chose qui est sous saisie. De plus, cela pourrait nous causer des problèmes, comme le fait que l'un reçoive plus que d'autres, ce qui est probable », avait commenté sa fille aînée, Lucia, dans la presse locale fin 2011.

FONDS SAISIS PAR LA JUSTICE

La fortune d'Augusto Pinochet est estimée à 26 millions de dollars, dont 20 déposés sur des comptes bancaires à l'étranger. Le reste est constitué de biens immobiliers et d'argent déposé au Chili. Tout a été saisi par la justice, qui espère récupérer un maximum des fonds pour payer des retards d'impôts et financer d'éventuelles indemnisations de victimes de la dictature (1973-1990).

La famille de l'ex-dictateur assure qu'elle fait face à une situation économique précaire et sa fille Jacqueline a raconté dans la presse devoir vendre ses bijoux et ses meubles pour survivre. Après la mort du général, à 91 ans, sa famille a fait profil bas. L'ancien dictateur, décédé alors qu'il était poursuivi par la justice, n'a jamais été condamné pour les 3 000 morts et disparus de son régime.

samedi 21 avril 2012

CONDAMNATIONS D'AGENTS SECRETS DE PINOCHET

2. Le juge a aussi condamné 5 agents de la CNI (Centrale Nationale d'Informations, police secrète qui a succédé à la DINA en 1977) pour le meurtre de Enzo Muñoz Arévalo, Héctor Sobarzo Nuñez, Juan Varas Silva y Ana Delgado Tapia , le 2 juillet 1984 à Santiago. 
 Les condamnés sont :
  • Álvaro Corbalán Castilla: 15 ans 
  • Hernán Vásquez Villegas: 6 ans 
  • Reimer Kohlitz Fell: 6 ans 
  • Jorge Hernández Espinoza: 3 ans en liberté conditionnelle. 
  • Juan Rubilar Ottone: 3 ans en liberté conditionnelle. 
  • Pedro Guzmán Olivares: absous de toutes les charges.

mardi 17 avril 2012

LE CENTRE DU CHILI FRAPPÉ PAR UN SÉISME, PAS DE DÉGÂTS

LIEU DU TREMBLEMENT DE TERRE
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Selon l'Institut américain de géophysique (USGS), l'épicentre du séisme, qui s'est déclenché à 23 h 50, heure locale (5 h 50, heure de Paris) est situé à 48 km de Valparaiso, à une profondeur de 25,9 km. Le Bureau national chilien des situations d'urgence (Onemi) précise de son côté qu'il n'a relevé ni victime ni dégâts importants et que le séisme a touché les régions de Coquimbo (nord) et El Maule (sud).

Le Centre de prévention des tsunamis de Hawaï a indiqué pour sa part que le séisme ne provoquerait pas de tsunami "général et destructeur", mais que, localement, il pouvait s'en produire le long des côtes distantes d'une centaine de kilomètres de l'épicentre.

dimanche 15 avril 2012

VIDELA ADMET LA DISPARITION DE 8.000 PERSONNES SOUS LA DICTATURE ARGENTINE

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AUGUSTO PINOCHET À GAUCHE ET LE GÉNÉRAL ARGENTIN JORGE VIDELA AU CHILI EN 1978 

Condamné à la prison à perpétuité pour crimes contre l'humanité, l'ancien dictateur a également reconnu qu'il avait été décidé de faire disparaître les corps, afin d'éviter des réactions de protestation à l'intérieur et à l'extérieur du pays. 

Chaque disparition doit être certainement entendue comme une façon de masquer, de dissimuler une mort, a admis le premier chef du régime militaire argentin (1976-1983), selon des extraits publiés sur le site internet de la maison d'édition Random House Mondadori. 

Jorge Videla a ajouté qu'il n'y avait pas d'autre solution: nous étions d'accord que c'était le prix à payer pour remporter la guerre contre l'insurrection et afin que la société ne s'en aperçoive pas. 

Il fallait éliminer un groupe important de personnes qui ne pouvaient pas être traduites en justice et ne pouvaient pas non plus être fusillées, a-t-il dit. 

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POCHOIR  : PORTRAIT D'UN  DISPARU DE LA DICTATURE ARGENTINE
C'est Videla lui-même qui a choisi le titre du livre, Mise à disposition finale, qui semble faire référence au terme de Solution finale [ «Endlösung der Judenfrage» ] employé par le régime nazi. 

Le terme de +Solution finale+ n'a jamais été utilisé, contrairement à celui de +Mise à disposition finale+, qui l'a souvent été, a dit l'ancien dictateur. 

Ce sont des mots typiquement militaires, dont le sens est celui de mise hors d'usage, a-t-il précisé. Par exemple, lorsque des vêtements usés ne sont plus utilisables, ils se retrouvent en Mise à disposition finale. 

L'ancien général a également révélé que deux mois avant le coup d'Etat du 24 mars 1976, les militaires dressaient déjà les listes de personnes qui devaient être arrêtées après la chute de la présidente Isabel Peron (1974-1976). 


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COUVERTURE DU LIVRE «DISPOSICIÓN FINAL, LA CONFESIÓN DE VIDELA SOBRE LOS DESAPARECIDOS», DU JOURNALISTE CEFERINO REATO, DANS LEQUEL JORGE VIDELA A FAIT CES DÉCLARATIONS.
Il n'y a pas eu de listes établissant la destination finale des disparus, a-t-il expliqué, ajoutant: Il a pu y avoir des listes partielles, mais pas très rigoureuses. 

Il a estimé par ailleurs que le coup d'Etat lui-même avait été une erreur. Du point de vue strictement militaire, nous n'avions pas besoin du coup d'Etat. Ce fut une erreur, a-t-il dit. 

Le régime militaire a utilisé environ 600 centres de détention clandestins dans lesquels ont disparu la majorité des 30.000 victimes de la dictature, selon les chiffres d'organisations non gouvernementales. 

Un total de 84 nouvelles condamnations ont été prononcées en 2011 en Argentine pour des crimes contre l'humanité commis sous la dictature. 843 personnes sont encore poursuivies pour des crimes de cette nature.

vendredi 13 avril 2012

CHILI : DES ADOLESCENTES INTERDITES DE LYCÉE

CRISTIAN LABBÉ, L’ACTUEL MAIRE DE LA RICHE COMMUNE DE PROVIDENCIA, ET AUGUSTO PINOCHETAVEC UN LOURD PASSÉ DANS LA RÉPRESSION POLITIQUE ET TRÈS PROCHE DE L’ANCIEN DICTATEUR, IL FUT CHARGÉ DE SA SÉCURITÉ PERSONNELLE ET UN DES FONDATEURS DE LA DINA, RESPONSABLE DE LA «FORMATION» D’AU MOINS 600 AGENTS.  LORS DE L’ARRESTATION DE PINOCHET AU ROYAUME UNI, LABBÉ A FAIT SEPT FOIS LE VOYAGE  SANTIAGO - LONDRES POUR SOUTENIR LE DICTATEUR DÉCHU. PHOTO ARCHIVE EL MERCURIO.
Cristián Labbé a un lourd passé dans la répression politique; il a été très proche de l’ancien dictateur, et fut chargé de sa sécurité personnelle. Il a également été l'un des fondateurs de la DINA  police politique de la dictature.

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DE PARENTS D’ÉLÈVES DU  LYCÉE CARMELA CARVAJAL DÉPOSENT UNE MAIN COURANTE À LA POLICE ET  ONT DÉNONCÉ AU COMMISSARIAT DE PROVIDENCIA LE « NON RESPECT D'UNE DÉCISION DE JUSTICE ». PHOTO HÉCTOR FLORES
Le Maire et la directrice leur reprochent d’avoir participé à la mobilisation des lycéens qui a paralysé l’éducation publique durant sept mois de l’année dernière. Une sanction considérée illégale par leurs parents et la justice. 

mercredi 11 avril 2012

RAYMOND AUBRAC, LA DISPARITION D'UN HÉROS DE LA RÉSISTANCE

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RAYMOND AUBRAC, ICI EN 2009. PHOTO JOËL SAGE
De son vrai nom Raymond Samuel, Raymond Aubrac, ingénieur des travaux publics de formation, était resté un citoyen très actif, se rendant pendant des années en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance dans les collèges et les lycées, dont un nombre croissant portait leur nom. Engagé à gauche, il avait été ovationné en février 2008 après un discours défendant la laïcité, lors du meeting de campagne de Bertrand Delanoë pour les municipales.

Il avait appelé à voter pour François Hollande au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Il avait fait partie d'une association d'anciens résistants qui avaient dénoncé comme un «coup électoral» la possible visite, cette année comme tous les ans, de Nicolas Sarkozy au plateau des Glières, haut-lieu de la Résistance dans les Alpes.


RAYMOND AUBRAC, LES ANNEES DE GUERRE




FILM RÉALISÉ PAR PASCAL CONVERT EN 2010. IMAGES ET ENTRETIENS PASCAL CONVERT


Grand officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 39-45, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac faisait des Compagnons de la Libération, dont moins d'une trentaine sont encore en vie. Il avait publié en 1996 son autobiographie, «Où la mémoire s'attarde». Né le 31 juillet 1914 à Vesoul (Haute-Saône) dans une famille juive, il était ingénieur civil des Ponts et Chaussées, licencié en droit et titulaire d'un Master of Science de l'université d'Harvard (Etats-Unis).

COMPAGNON DE ROUTE DU PCF

Dès 1940, il s'est engagé dans la Résistance avec Lucie, et est devenu attaché à l'état-major de l'Armée secrète. Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire, emprisonné à Montluc, Raymond Aubrac et quatorze résistants sont libérés grâce à un intrépide raid de commando monté par Lucie, qui entrera dans la légende de la Résistance. Cet épisode est au centre du film de Claude Berri, «Lucie Aubrac», sorti en 1997, avec Carole Bouquet dans le rôle de l'héroïne.

Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres, puis Raymond a gagné Alger, où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative en juin 1944. A la Libération, il est devenu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction. En 1948, alors compagnon de route du PCF, il a renoncé à une carrière de haut fonctionnaire pour fonder le Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne (BERIM), spécialisé dans le commerce avec les pays communistes, qu'il a dirigé pendant dix ans. Il est ensuite devenu directeur à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), de 1964 à 1975.

DÉCÈS DE RAYMOND AUBRAC

Une franche et loyale amitié liait les communistes français à Raymond Aubrac. Nous l'aimions pour sa droiture, sa générosité et, surtout, sa douceur et sa foi en l'espèce humaine. Nous pleurons l'un des nôtres. En cet instant, mes pensées se tournent vers sa famille, son petit-fils Renaud, ses proches pour leur dire que je partage leur peine.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF

mardi 10 avril 2012

CHILI : DES PROPOS MISOGYNES D'UN DÉPUTÉ CONSERVATEUR CONTRE CAMILA VALLEJO

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LA DIRIGEANTE DES SYNDICATS  ÉTUDIANTS, MILITANTE DES JEUNESSES COMMUNISTES ET SYMBOLE DE LA CONTESTATION AU DELÀ DES FRONTIÈRES CONTINENTALES, FAIT LA UNE DE LA PRESSE MONDIALE ET ÉVEILLE LA JALOUSIE DES PETITS CHEFS LOCAUX. PLUSIEURS ATTAQUES PERSONNELLES LUI ONT ÉTÉ ADRESSÉES PAR LES RÉSEAUX SOCIAUX.


Felipe Ward était arrivée en troisième position et fut élu député grâce au système binominal imposé par Pinochet. En effet, la dictature a aboli la représentation proportionnelle en vigueur avant le coup d’État militaire du 11 septembre 1973, et imposé une charte fondamentale qui régit encore la vie politique au Chili.


Axe fondamental de la coalition conservatrice au pouvoir et très lié à l'Opus Dei, la secte ultra catholique née en Espagne sous Franco, l’Udi avait fourni aussi une bonne partie des cadres à l'administration de la dictature militaire du général Pinochet. C'est un parti relativement homogène, catholique et jeune dont le discours populiste tente de pénétrer les couches populaires du pays. Il s'oppose au droit à l'avortement, à la contraception et au mariage homosexuel.


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CAPTURE D'ÉCRAN DE TWITTER AVEC LE MESSAGE MÉPRISANT DU DÉPUTÉ WARD. IL A DÉJÀ COMMENCÉ  À  RECEVOIR LES REMONTRANCES VENANT DE SON PROPRE CAMP POLITIQUE, ET LE REJET UNANIME DE L’OPPOSITION.
Les propos outranciers de M. Ward rappellent d’autres saillies similaires de responsables politiques de la droite au pouvoir, des propos haineux et des menaces proférées contre Camila Vallejo, qui semble concentrer tous les attaques. Leader charismatique qui a longtemps focalisé l’intérêt des médias et occupé les couvertures de la presse internationale, la jeune fille est devenue le symbole des révoltes contre le modèle ultra libéral.

S’attaquer à elle par médias interposés est devenue aussi une façon de s’assurer à peu de frais un peu de notoriété dans la presse, et pour quelques seconds couteaux quasiment anonymes, une possibilité d’exister dans l’espace publique.

samedi 7 avril 2012

PAMELA ALBA-RUBIO, LA RÉVOLTÉE



Le parcours commence au Chili, son pays d’origine : « De ma petite enfance, je ne me souviens que des manifestations violentes et de l’absence de mon père. » Pamela naît en 1978, sous la dictature d’Augusto Pinochet. Son père, militant du MIR (le parti d’extrême gauche chilien), se bat contre le régime et est arrêté deux fois. « Ma mère transportait l’émetteur de la radio clandestine dans mon landau et cachait des tracts dans mes couches. » En 1983, la famille décide de quitter le pays. Ils partent avec deux valises, « quelques vêtements, des photos et la poupée d’une petite fille qui avait dû partir encore plus vite que moi ».

À leur arrivée en France, ils sont accueillis en tant que réfugiés politiques dans un foyer de Saint-Étienne, puis dans un appartement, avant de s’installer à Vaulx-en-Velin, en 1987 : « Je suis entrée à l’école ici, dans l’une des villes les plus pauvres de France. » Lors d’une sortie de classe dans le centre de Lyon, elle découvre que beaucoup de ses camarades n’ont jamais eu l’occasion de venir jusque-là : « J’ai alors pris conscience des inégalités. Je n’étais pas encore formée politiquement, mais j’étais déjà révoltée. » Un sentiment qui ne cesse de grandir avec son handicap.

CHILI : «L'USAGE EXCESSIF DE LA FORCE»

EXCESSIF - AMNESTY INTERNATIONAL A EXPRIMÉ MARDI SON INQUIÉTUDE CONCERNANT «L'USAGE EXCESSIF DE LA FORCE» PAR LA POLICE AU CHILI POUR RÉPRIMER LES MANIFESTATIONS ÉTUDIANTES (ICI EN 2012) ET LES PROTESTATIONS SOCIALES EN 2011. PHOTO VICTOR RUIZ CABALLERO. 

jeudi 5 avril 2012

CHILI : LE PARLEMENT PEAUFINE UNE LOI CONTRE LA DISCRIMINATION ENVERS LES HOMOSEXUELS


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Les faits de discrimination éparpillés dans le droit chilien rassemblés dans cette loi

La loi rassemble en un seul texte des faits de discrimination qui étaient éparpillés dans le droit chilien, et n'incorporait pas explicitement la discrimination pour orientation sexuelle. Elle ne stipule pas de sanction, mais laisse la peine «à la discrétion du juge», selon Movilh. La Loi contre la discrimination, impulsée en 2005, est restée sept ans dans les tuyaux du Parlement. Elle a été relancée fin mars par le gouvernement de Sebastian Piñera (droite) à la suite du meurtre d'un homosexuel de 24 ans.

Daniel Zamudio avait été agressé et torturé le 3 mars, lors d'un calvaire qui aurait duré six heures, par un groupe de sympathisants néo-nazis présumés dont quatre, âgés de 19 à 25 ans, ont été arrêtés. Le jeune homme a succombé à ses blessures après 25 jours de coma. Des milliers de Chiliens sont salué vendredi son cortège funèbre dans les rues de la capitale Santiago.

HIDROAYSÉN : PEDRO PIERRY JUGE ET PARTIE

Juge de La Cour suprême, il devrait faire respecter la loi.
 
Les chiliens critiquent donc le juge de La Cour suprême du Chili Pedro Pierry et réclament la tenue d’un nouveau procès car il est soupçonné de conflit d'intérêt en faveur de Endesa.

En effet le juge Pedro Pierry qui a voté en faveur de HidroAysén, 
a des actions dans Endesa. Il possède 109.804 titres de l'entreprise électrique. Au prix de l'action de la compagnie aujourd'hui, cela équivaut à plus de $97.000.000 millions de pesos (autour de 150.000 euros). Le conflit potentiel est suffisant pour faire droit à une demande en déclaration d'inhabilité.
Évitant ainsi d’être juge et partie.

mardi 3 avril 2012

DES POLICIERS CHILIENS SE TIRENT DESSUS PAR ERREUR


LE CARABINIER MIGUEL FAUNDEZ, PRIS POUR CIBLE PAR LEURS COLLÈGUES DE LA PDI EST MORT.
Les agents de la police civile [Service d'enquêtes de la police judiciaire chilienne, PDI] ont tiré sur leurs collègues "carabiniers" militaires, identifiés par erreur comme suspects. 
"Le policier militaire Miguel Faundez est mort, un sergent de police a été blessé et un fonctionnaire de la brigade d’investigation (police civile) légèrement atteint", a annoncé une source policière sous couvert de l’anonymat.
DES POLICIERS SERVICE D'ENQUÊTES DE LA POLICE JUDICIAIRE CHILIENNE, (PDI ) SUR LES LIEUX DE L'INCIDENT MORTEL.  PHOTO CHRISTIAN ZÚÑIGA
L’échange de tirs malencontreux est survenu après qu’un gardien d’une usine de plastique eut alerté la brigade d’investigation de la présence sur place d’un véhicule avec à son bord trois individus au comportement selon lui suspect.
PRIS POUR CIBLE
Ces trois hommes, des agents habillés en civil, enquêtaient sur un vol présumé dans cette zone, selon la source policière.
Deux véhicules de la brigade d’investigation ont été dépêchés sur place et, selon la brigade, ont immédiatement été pris pour cible par leurs collègues.
Le ministère public de Santiago a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l’incident, qualifié d’"isolé" par les deux institutions policières.
Les forces de l’ordre chiliennes avaient déjà été endeuillées lundi soir par la mort, dans le sud du pays, d’un policier militaire au cours d’un accrochage armé dans une communauté d’indiens mapuches qui réclament la restitution de terres "ancestrales" prises par l’Etat à la fin du 19e siècle.

CHILI : UN POLICIER TUÉ LORS D'UN ACCROCHAGE DANS UNE COMMUNAUTÉ MAPUCHE


LE SERGENT DÉCÉDÉ HUGO ALBORNOZ ALBORNOZ APPARTENAIT À LA TROUPE DE CHOC CHARGÉE DES OPÉRATIONS SPÉCIALES, LE GOPE. PHOTO TEMUCO TV
Un autre policier a été blessé par des plombs au visage.

Le sergent décédé, qui appartenait à la troupe de choc chargée des opérations spéciales, le GOPE, a été touché dans ce que le chef de la police chilienne Gustavo Gonzalez, a qualifié « d'embuscade de la part de lâches criminels profitant du terrain ».

L'opération, a indiqué le parquet, visait à récupérer des indices sur une tentative d'homicide sur un policier en octobre 2011, et une occupation violente de résidence. Trois personnes ont été arrêtées lors de la descente de police, un fusil et des munitions saisis.

Un porte-parole de cette communauté Mapuche Wente Winkul Mapu, Daniel Melinao, a dénoncé sur Radio Cooperativa la violence du raid « de policiers fortement armés, agressant nos frères, nos enfants, tirant des grenades lacrymogènes ». Selon des témoins, environ 50 policiers participaient au raid.

En quittant la communauté Mapuche, le convoi policier a été la cible de tirs venus de bois sur les côtés de la route, et a riposté. Deux policiers ont été touchés dans l'accrochage, sans que la provenance des balles soient clairement établie.

La région d'Araucanie, dans le sud Chili, est le fief des Mapuche, première minorité indienne du pays (700.000 personnes, quelque 6% de la population) qui réclame la restitution de terres ancestrales prises par l'Etat à la fin du 19e siècle, et aujourd'hui propriétés de grands groupes forestiers.

L'Araucanie connait des phases de tension récurrente, comme encore en décembre et janvier derniers, depuis la radicalisation il y a dix ans environ du mouvement Mapuche, avec des occupations de terre, des sabotages d'engins forestiers.

Depuis 2002, trois militants Mapuche ont été tués lors de heurts avec les forces de l'ordre, mais la police ne déplorait à ce jour aucune victime.

Un groupuscule radical Mapuche, la Coordination Arauco Malleco (CAM), qui compte plusieurs dirigeants en prison, a été mis en cause en janvier par les autorités pour une vague d'incendies de forêt, certains d'origine criminels. Sept pompiers avaient péri dans un des feux.

Le gouvernement a porté plainte pour les feux de forêt en vertu de la loi antiterroriste, un outil pénal répressif hérité de la dictature et systématiquement utilisé contre les Mapuche ces dernières années.