mardi 23 janvier 2018

SALAM, UNE APPLICATION D'AIDE AUX MIGRANTS AU CHILI


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      RADIO FRANCE INTERNATIONALE - RFI, UN EXTRAIT DE 
      L'ÉMISSION « JOURNAL D'HAÏTI ET DES AMÉRIQUES »,  
      SALAM, UNE APPLICATION D'AIDE AUX MIGRANTS AU CHILI 
      PAR JUSTINE FONTAINE DIFFUSION : LUNDI 22 JANVIER 2018 
       Durée: 00:02:46

      dimanche 21 janvier 2018

      CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE MARCELINO CAMACHO


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      MARCELINO CAMACHO LORS D'UNE
      CONFERENCE DE PRESSE À BRUXELLES, VERS 1975

      CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE MARCELINO CAMACHO
      1918 - 21 JANVIER - 2018

      Marcelino Camacho fut emprisonné pour ses activités syndicales et politiques en 1967, passant neuf ans dans la prison de Carabanchel. À sa sortie, il annonça, telle une prémonition : « ni nos domaron, ni nos doblegaron, ni nos van a domesticar » (Ils ne nous ont pas dompté, ils ne nous ont pas fait plier, ils ne nous domestiqueront jamais). Il fut condamné au célèbre Procès 1001/72, au cours duquel la dictature jugea les principaux dirigeants des CCOO, fin 1973, puis gracié et libéré après la mort de Franco.


      MARCELINO CAMACHO
       PHOTO GETTY IMAGES 
      Marcelino Camacho Abad, né à Osma-La Rasa, province de Soria,  le 21 janvier 1918 et décédé à Madrid, le 29 octobre 2010 était un célèbre syndicaliste et homme politique espagnol. Il fonda et fut le premier secrétaire général des Commissions Ouvrières (CCOO) entre 1976 et 1987, et député communiste de Madrid entre 1977 et 1981.


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      mercredi 17 janvier 2018

      AU CHILI, LE PAPE FRANÇOIS RENCONTRE DES VICTIMES D'ABUS SEXUELS PAR DES PRÊTRES


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      « NI DE GAUCHE NI SOTS, OSORNO
      SOUFFRE ÉVÊQUE BARROS COMPLICE»
      PHOTO REUTERS

      Le pape François a tenté de réconcilier la société chilienne avec l'Eglise catholique. Cette dernière est en chute libre au Chili après des scandales de pédophilie impliquant plusieurs prêtres. Lors de sa visite dans le pays, le chef des catholiques a rencontré en privé un petit groupe de victimes d'abus sexuels, mardi 16 janvier.
      LE PAPE LORS DE SA RENCONTRE AVEC
      LES ÉVÊQUES CHILIENS, SANTIAGO,
      LE 16 JANVIER 2018 
      «La rencontre [avec les victimes] s'est déroulée dans un cadre strictement privé » et « personne n'était présent (...) pour qu'elles puissent raconter leurs souffrances au pape François, qui les a écoutées et a prié pour elles », a commenté le porte-parole du Saint-Siège, Greg Burke. Cette rencontre, hors du programme officiel du pape au Chili, était très attendue par l'opinion publique chilienne, horrifiée par une série de scandales qui ont impliqué environ 80 membres du clergé chilien ces dernières années.

      Le pape exprime sa « douleur » et sa « honte »

      Dans une cathédrale bondée de la capitale Santiago, le Saint Père s'était adressé sur un ton didactique à des prêtres, religieuses, consacrés et séminaristes sur ce thème. « Je connais la douleur qu'ont provoquée les cas d'abus commis sur des mineurs et je suis de très près ce que l'on fait pour surmonter ce grave et douloureux mal », leur a-t-il dit.

      Je ne peux m'empêcher de manifester la douleur et la honte que je ressens face au mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l'Eglise. le pape François AFP
      Le pape François a évoqué la douleur des victimes et de leurs familles « qui ont vu trahie la confiance qu'elles avaient placée dans les ministres de l'Église». Mais il a tenu également à parler de « la souffrance des communautés ecclésiales » sous le coup d'une « suspicion » générale. « Je sais que parfois vous avez essuyé des insultes dans le métro ou en marchant dans la rue », a-t-il noté, en appelant les hommes et les femmes d'Église à « avoir le courage de demander pardon ».

      La journée a également été marquée par des manifestations contre la visite du pape. Les forces anti-émeute ont dispersé le cortège de plusieurs centaines de personnes à l'aide de canons à eau. «François complice de crimes pédophiles », pouvait-on lire sur une des banderoles déployée à un balcon. Pour les victimes, demander pardon « n'est pas suffisant ». « Nous avons besoin d'actes concrets que le pape ne prend pas au sein de l'Église chilienne », a réagi le porte-parole de l'association des laïcs d'Osorno.

      CHILI: LE PAPE REND HOMMAGE AUX VICTIMES DE LA DICTATURE PINOCHET

      La base aérienne de Maquehue était un des principaux centres de détention de la région dans les années 1970, sous la dictature d'Augusto Pinochet. De nombreux cas de tortures et des exécutions de prisonniers politiques y ont été rapportés.

      Sa dernière remarque sur « les injustices » s'adresse aussi aux peuples indigènes chiliens qui l'ont gratifié au début de son homélie d'une danse rituelle et ont participé à la liturgie au côté du pape.

      Le souverain pontife argentin a toutefois critiqué l'usage de la violence de certains groupuscules indigènes pour mettre en avant leurs revendications légitimes.

      « Il est indispensable d'affirmer qu'une culture de la reconnaissance mutuelle ne peut pas se construire sur la base de la violence et de la destruction qui finissent par coûter des vies humaines », a-t-il dit.

      « On ne peut demander la reconnaissance en détruisant l'autre, car la seule chose que cela éveille, c'est davantage de violence et de division. La violence appelle la violence, la destruction augmente la fracture et la séparation. La violence finit par faire mentir la cause la plus juste. C'est pourquoi nous disons +non à la violence qui détruit+, sous toutes ses formes », a ajouté le pape.

      « Mari, Mari »  (bonjour en langue Mapuche) avait lancé le pape au début de son homélie.

      « Küme tünngün ta niemün » (La paix soit avec vous), a-t-il ajouté, avant de rendre un hommage à la nature luxuriante de la région d'Araucania, terres ancestrales des peuples autochtones du Chili, en particulier des Mapuches les plus nombreux.

      « De nombreuses générations d'hommes et de femmes ont aimé et aiment ce sol d'une jalouse gratitude », a noté le pape.

      Et je veux m'arrêter et saluer spécialement les membres du peuple « Mapuche, ainsi que les autres peuples autochtones qui vivent sur ces terres australes : Rapanui (Ile de Pâques), Aymara, Quechua et Atacameños, et tant d'autres », a énuméré le pape, dans une ambiance colorée et chaleureuse.

      CHILI : LA VISITE DU PAPE FRANÇOIS, UN ESPOIR POUR LES MAPUCHE

       « CHILI : LA VISITE DU PAPE FRANÇOIS, UN ESPOIR POUR LES MAPUCHE» 
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                  EN TERRE MAPUCHE, L’ÉGLISE JOUE LES MÉDIATEURS


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                  MANIFESTATION D’INDIENS MAPUCHES EN JANVIER 2016 
                  À TEMUCO, AU CHILI, POUR COMMÉMORER LE MEURTRE 
                  D’UN JEUNE ACTIVISTE TUÉ PAR UN POLICIER EN 2008. 
                   PHOTO FERNANDO LAVOZ 
                  Après Santiago, le pape François se rend mercredi 17 janvier à Temuco, cœur du pays des Indiens mapuches. Cette étape est particulièrement sensible alors que des actes violents sont commis par des militants, au nom de revendications sur des terres ancestrales.
                  LE PAPE FRANÇOIS AVEC DES REPRÉSENTANTS MAPUCHES,
                  À TEMUCO, À 600 KILOMÈTRES AU SUD DE SANTIAGO,
                  AU CHILI, LE 17 JANVIER.
                  PHOTO ALESSANDRA TARANTINO 
                  En arrivant à Temuco, capitale de l’Araucanie, le pape aborde mercredi 17 janvier l’étape la plus délicate de son voyage sud-américain. Cette région, située à 600 kilomètres au sud de Santiago, est en effet une terre à l’identité propre : c’est celle des Indiens mapuches, vaincus par l’armée chilienne au XIXème siècle après avoir résisté vaillamment aux Incas et aux conquistadors espagnols.

                  Défaits, les Mapuches (« gens de la terre » en mapudungu, leur langue ; Araucans, en espagnol) ont pendant longtemps peu fait parler d’eux, abandonnant en masse le sud dans l’espoir d’une vie meilleure, et anonyme, à Santiago. Quant à ceux restés en Araucanie, ils ont vu leurs terres devenir peau de chagrin. « Des droits, confirmés par des traités, leur ont été retirés », explique Blaise Pantel, chercheur à l’Université catholique de Temuco. « Plus encore du temps de Pinochet, quand leurs terrains ont été donnés à des entreprises, forestières notamment. »

                  Au point que leurs compatriotes ont rapidement oublié leur existence, sur fond d’assimilation contrainte. Mais les Mapuches ont commencé à se mobiliser, dans les années 1990, autour de revendications essentiellement territoriales et culturelles. De nombreuses communautés exigent, depuis, de retrouver des terres perdues, ainsi que l’accès à des forêts, importantes dans le cadre de la cosmovision autochtone. Des organismes militants dénoncent, par ailleurs, le fait qu’une « loi antiterroriste » datant des années Pinochet (1973-1990) soit toujours en vigueur, octroyant des pouvoirs spéciaux aux forces de l’ordre.

                  Mais ce combat n’échappe pas à des excès de violence, commis par des groupes radicaux et ultra-minoritaires. Les installations et le matériel d’entreprises forestières sont ainsi régulièrement incendiés, de même, plus rarement, que des églises évangéliques et catholiques. Si l’Église catholique ne fait pas grand cas de ces attaques, y voyant un appel à l’aide, ou une recherche de publicité, plutôt qu’un acte politique contre une Église présente aux côtés des conquistadors et des armées chiliennes, certains pasteurs évangéliques tiennent un tout autre discours, dénonçant les croyances mapuches ancestrales.

                  Ces dernières années, le conflit a pris une nouvelle dimension. Il y a eu des morts. Comme le couple Luchsinger qui, début 2013, a péri brûlé dans sa maison. « Notre région fait face à une hausse constante de la violence, et des hommes et des femmes meurent, déplore Luciano Rivas, président de Multigremial de la Araucania, fédération des organisations patronales locales. Nous tenons un ”baromètre du conflit”, pour rendre compte de notre réalité et sensibiliser les autorités. En 2017, nous avons enregistré 43 attaques incendiaires dans l’Araucanie. Ont ainsi été brûlés 55 camions et 7 églises. C’est le signe d’une radicalisation croissante, qui appelle une réponse bien plus forte de l’État, et de l’armée. »

                  Depuis le retour de la démocratie, des efforts ont pourtant été menés. Une politique a été mise en place pour rendre des terres aux communautés mapuches, via une agence spécialisée, la Conadi. Le gouvernement de Michelle Bachelet, qui quittera ses fonctions en mars, souligne qu’il aura restitué à la fin de son mandat près de 66 000 hectares de terres aux indigènes.

                  Mais c’est bien peu, compte tenu des 10 millions d’hectares de terres mapuches d’avant l’indépendance du Chili. « L’État a une dette importante envers ce peuple, estime Mgr Hector Vargas, évêque de Temuco, et n’a que trop tardé, pendant plus d’un siècle, à proposer des solutions suffisantes. C’est ce qui a poussé quelques groupes radicaux à prendre la décision de recourir à des actions violentes graves, qui ont causé de nouvelles injustices, plus de pauvreté, beaucoup de douleur et la perte de vies humaines. »

                  Dans ce conflit, l’Église joue un rôle important de médiateur. En 2016, Mgr Hector Vargas a été invité par la présidente de la République, Michelle Bachelet, à mettre sur pied une commission consacrée à la question mapuche. « L’Église a toujours été disponible pour faciliter le dialogue », explique-t-il. Le rapport, remis en janvier 2017 à la présidente, a été suivi, en juin, d’une demande de pardon au peuple mapuche, par Michelle Bachelet, pour « les erreurs et les horreurs » commises.

                  CHILI: LES MAPUCHES MISENT SUR LE PAPE POUR FAIRE AVANCER LEUR COMBAT


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                  LA « MACHI » FRANCISCA LINCONAO, A ÉTÉ PLACÉE SOUS
                  CONTRÔLE JUDICIAIRE ET AU RÉGIME DE L’ASSIGNATION À
                  RÉSIDENCELE LE JOUR DE L'ARRIVÉE DU PAPE AU CHILI
                  PHOTO DIARIO EL DÍA 

                  Le pape François se rend mercredi en plein territoire Mapuche, ces indigènes chiliens qui revendiquent leurs terres ancestrales et comptent sur le souverain pontife pour faire avancer leur combat, mené parfois de manière violente. 
                  UNE FEMME MAPUCHE DEVANT SA MAISON,
                  LE 9 NOVEMBRE 2017 À TEMUCO, AU CHILI
                  PHOTO MARTIN BERNETTI
                  Lorsqu'il arrivera à Temuco, capitale de la région de l'Araucania, à quelque 800 km au sud de Santiago du Chili, François se trouvera dans une zone rythmée par des actions d'une minorité radicalisée visant des entreprises forestières mais aussi des églises. 

                  « Le programme de la visite du Saint Père reflète sa préoccupation pour une zone qui connu des tensions importantes, avec qui il veut partager un message de paix et où il espère délivrer des paroles d'espoir qui contribuent au rapprochement entre les personnes », selon le coordinateur national de la visite papale au Chili, Fernando Ramos.

                  Près de 400.000 personnes sont attendues à la base aérienne de Maquehue où François célèbrera une « messe pour l'intégration des peuples » rendant hommage aux premiers habitants du Chili et de l'Argentine. Il rencontrera ensuite les représentants de la communauté. 

                  Les Mapuches (7% de la population chilienne) occupaient un vaste territoire au centre de ce pays longiligne à l'arrivée des conquistadors espagnols au Chili en 1541. 

                  Cette frontière naturelle a continué d'exister durant la conquête, jusqu'à ce que la zone soit occupée durant une vingtaine d'années par l'armée chilienne à compter de 1961 afin de "pacifier" ce territoire.

                  Au fil des procès et des décisions de justice, ces indigènes ont été réduits à vivre sur près de 5% de leurs anciennes terres. Regroupés en petites communautés, sans espace suffisant pour cultiver le sol ou élever des animaux, nombre d'entre eux se sont vus obligés à renoncer à leur mode de vie traditionnel et à migrer vers les villes. 

                  Depuis une vingtaine d'années, des groupes radicaux incendient des camions et des engins des entreprises forestières et affrontent la police. Une dizaine de membres de cette ethnie y ont perdu la vie. 

                  - « Terrorisme » - 

                  DES CAMIONS APPARTENANT À DES COMPAGNIES FORESTIÈRES
                  INCENDIÉS LORS D'AFFRONTEMENTS ENTRE LA POLICE ET DES
                  MEMBRES DU PEUPLE MAPUCHE, LE 8 NOVEMBRE 2017 À TEMUCO
                  PHOTO MARTIN BERNETTI
                  Ceux qui commettent ce type d'actes dans le cadre de leur lutte pour récupérer leurs terres sont visés par une dure loi antiterroriste, une législation dont l'application, pour cette ethnie, a notamment été critiquée par l'ONU.

                  Privés de canaux de communication et critiqués par la majorité des Chiliens, les Mapuches espèrent que la visite du pape va permettre de « mettre en lumière » leur combat.

                  D'autant que l'arrivée du Saint Père coïncide avec le moment où cette ethnie - la plus grande du pays - commémore deux événements marquants pour la région. 

                  RASSEMBLEMENT À LA MÉMOIRE DU JEUNE ACTIVISTE MAPUCHE
                  MATIAS CATRILEO TUÉ EN 2008 PAR UN POLICIER,
                  LE 5 JANVIER 2018 À SANTIAGO DU CHILI
                  PHOTO MARTIN BERNETTI
                  Le cinquième anniversaire de l'incendie d'une maison, en janvier 2013, dans lequel avait péri un couple de personnes âgées, des descendants de colons d'origine suisse, pour lequel 11 Mapuches sont poursuivis, et le dixième anniversaire du meurtre d'un jeune activiste Mapuche, Matias Catrileo.

                  La communauté compte 700.000 personnes (sur les 17 millions d'habitants du Chili) au niveau de vie très bas par rapport au reste de la population.


                  LE PAPE FRANÇOIS SALUE LA FOULE DE FIDÈLES 

                  À SON ARRIVÉE À SANTIAGO DU CHILI, 
                  LE 15 JANVIER 2018 
                  PHOTO  MARTIN BERNETTI 
                  Les 11 accusés de l'incendie, parmi lesquels la « machi » Francisca Linconao, la plus importante personnalité religieuse et médicale de cette ethnie, ont été acquittés en octobre par la justice chilienne. Mais un recours a été déposé par le ministère public et un nouveau procès doit avoir lieu en février, tandis que la « machi » a été placée en détention à domicile le jour de l'arrivée du pape au Chili.

                  Le jeune Catrileo de son côté, était jusqu'à son décès à 22 ans, membre de la Coordination Arauco Malleco (CAM), organisation radicale Mapuche qui revendique les incendies d'engins et camions. 

                  « Au-delà d'attendre quelque chose (du pape), ce qu'au fond on espère c'est que le pape fasse certains gestes, qu'il dise +le combat du peuple Mapuche est juste+. Ce serait une avancée même si ici, les transformations concrètes, nous allons les obtenir nous-mêmes avec nos propres efforts », estime Ramon Llanquileo un des leaders de la CAM.

                  Le pape arrive à Temuco "à un moment très compliqué (...) nous sommes à un point mort"au niveau du dialogue, juge l'historien Pedro Canales.